lundi 10 août 2015

La transmau, 5 jours de "Vélo de Montagne"

Retour sur la "Transmau", une des rares épreuves par étape à VTT en France, qui se déroulait cette année entre Maurienne et Vanoise, au départ d'Aussois puis de Lanslebourg-Val Cenis.

Une épreuve que nous connaissons bien, cela devait être notre quatrième ou cinquième participation. Nous avions coché l'épreuve au calendrier car nous avions envie de retourner faire du VTT en montagne, et découvrir ce coin que l'on nous promettait beau au niveau des paysages. Nous avions également de bons souvenirs de rencontres faites sur cette épreuve. En passant 5 jours ensemble, on lie forcément quelques contacts, et le partage de la même passion et des mêmes difficultés aide beaucoup.

L'épreuve pour moi consistait en un prologue de 10km le mercredi, puis des étapes en montagne de 2h15 à 3h30, avec un dénivelé important pour un kilométrage entre 30 et 50kms. Les hommes sur le grand parcours avaient environ 1h de course en plus chaque jour.

Sur le papier, cela paraissait plutôt "facile" après la Cape Epic. Néanmoins, j'ai été surprise par la difficulté dès le premier jour : l'altitude, la chaleur, la technicité du terrain ont rendu ces 30 kilomètres particulièrement épuisants. Mais les paysages de montagne, avec lacs, cascades et sentiers en balcons, étaient surprenants. Nous avons aussi pu traverser un des forts autour d'Aussois. Nous avons profité de nombreux sentiers et descentes vraiment sympas à VTT, même si la prudence était de mise car rien de nous était épargné. Et gare au vertige !

Depuis Aussois, on pouvait revoir une bonne partie des sentiers parcourus 800m plus haut.


Le lendemain, nous partions de Lanslebourg-Val Cenis. Les hommes sur le grand parcours auront eu le privilège de traverser les décors du film "Belle et Sebastien", y compris le hameau de l'Ecot où il fût tourné. Sur notre parcours, nous remontions la vallée sur des pistes le long d'un torrent, puis explorions quelques vallons sauvages au pied de glaciers. Nous avons eu l'impression de découvrir une partie encore authentique et sauvage des Alpes.

         Passage au village de l'Ecot


Pour la troisième étape, nous rentrions vraiment dans la vraie Transmau, avec montée interminable depuis la vallée jusqu'aux alpages et cols de montagne. 

Les montées sont régulières, sur piste, mais longues. Il faut donc adopter le bon rythme dès le premier kilomètre, et le conserver jusqu'en haut. Le paysage, au-dessus du lac du Mont-Cenis, valait la longue ascension. Même si nous devions rester vigilant par rapport à notre trace à VTT, il fallait se permettre de lever les yeux et profiter de cela quelques instants. 

La redescente était plutôt périlleuse, un sentier très étroit à flanc de montagne. Par prudence, lorsque la pente me paraissait trop raide (je n'osais pas toujours regarder le vide !), j'ai préféré passer à pied. Même si le sentier ne paraît pas difficile, il suffit d'une pédale qui tape un rocher, d'une chaîne un peu coincée quand on recommence à pédaler, pour perdre l'équilibre. Chaque jour, nous entendions qu'il y avait eu des chutes dans ce genre d'endroit, avec plus de peur que de mal fort heureusement. Pour ma part, j'aurais juste vu un rocher décroché par la passage d'un autre concurrent passer 5 mètres devant moi dans cette descente... ne pas penser à tout ce qui pourrait arriver !
Longue ascension de 17km jusqu'au col de Sollières

        Passage au lac du Mont Cenis

La redescente sur Lanslebourg aura été en partie sur des sentiers vraiment joueurs, dans des décors changeants avec l'altitude. 

C'est ce qui m'a rappelé que c'est sur ce genre d'épreuve, où on pilote à-vue et que les obstacles naturels sont bien présents, que l'on progresse techniquement et au niveau de la prise de risque. A force, on fait tout à l'instinct, parfois on se retrouve dans des situations scabreuses et il est trop tard pour s'arrêter. Finalement, on se rend compte que ça passe, même si on ne sait pas trop toujours comment !



La dernière étape nous ravissait un peu moins au départ, car les conditions étaient devenues humides et plus froides, et nous avions à nouveau une ascension de 12kms vers les alpages. Nous débutions par un petit tour dans la vallée, direction Termignon. Des pistes pour monter et des descentes bien engagées, vraiment ludiques ! 
Je retrouve un jeune de la course avec lequel j'ai l'habitude de rouler. Bien prudent, il a compris que se caler sur mon rythme en montée, c'était l'assurance de ne pas exploser. Je l'encourage donc à continuer ainsi.

Puis nous entamions cette fameuse longue ascension. Toujours calée au même rythme, mes sensations étaient plutôt bonnes. Je croise "le frêle" Alex qui n'a pas le moral à la vue des kilomètres, on en profite pour monter en un groupe de 4-5 et papoter un peu. Cette montée nous aura paru interminable. 

Arrivés dans les alpages, il est temps de ressortir la veste, il pleut et un vent glacial empêche notre progression. En même temps, une Transmau sans une étape de ce type, ça n'est pas une vraie Transmau !

La redescente est rendue plus technique par l'humidité, par endroits ce sont des champs de racines et enchevêtrement de roches. Mes freins ne s'avèrent pas assez puissants dans ces conditions, je suis obligée d'annoncer loin que je ne peux pas m'arrêter et qu'il faut, si possible, me laisser passer ! Ca passe toujours, comme quoi... Un peu plus bas, ça devient vraiment trop juste et je chute, la tête vient taper le sol malgré l'anticipation de la chute. Heureusement, à cet endoit, pas de rocher et une végétation qui amortira bien le tout. Merci le casque !


Enfin arrivés, c'est un sentiment mitigé, car malgré la fatigue, on appréciait bien ces virées en montagne ! 
Cela fait une jolie parenthèse. En seulement 5 jours, on aura l'impression d'avoir vécu un mois tellement on a vécu de situations différentes et fait de rencontres.

David aura eu plus de mal le premier jour, du fait de l'altitude, puis de meilleures sensations au fur et à mesure des jours. La fatigue est toujours un peu là après une année 2014 bien chargée avec nos travaux, le dernier jour il aura préféré ne pas prendre le départ à la vue de la météo.


La remise des récompenses, dans une salle de spectacle, aura, comme toujours à la Transmau, était un beau moment. Nous avons pu revoir les films de toutes les étapes (à retrouver sur le web :  http://www.dailymotion.com/MIGOOTV), les enfants de la Trans'mômes ont été récompensés puis les grands, beaucoup d'animations et de bons moments.

       Bravo à toutes les courageuses !


Grâce au maillot rose porté durant ces 5 jours et à la sympathie des speakers, j'aurais été beaucoup mise en avant . J'ai été étonnée de tous les retours sympathiques du public au fur et à mesure des jours. Après le podium, plusieurs petites filles sont venues me voir, demander une bise, une photo, un petit mot sur un dessin qu'elles avaient fait (avec un joli "Coco" sur un des dessins, trop drôle). Cela m'a beaucoup touchée car je n'en ai pas l'habitude. 

Je suis contente si je peux un peu transmettre l'envie à la relève féminine de se lancer dans le VTT. Et surtout, ne pas oublier ce côté un peu casse-cou et aventurière que beaucoup de petites filles ont, et perdent avec le temps. On le voit bien dans le cyclisme actuellement, on peut être féminine et faire du VTT, l'un n'empêche pas l'autre. Et même si arrivé à un certain niveau, les hommes sur les courses nous encouragent un peu moins (sic !), je pense que nos homologues masculins apprécient aussi que les femmes se rapprochent de leurs centres d'intérêt.

Pour moi, il ne s'agit pas de transmettre l'envie d'être la meilleure et gagner des courses, juste l'envie de se dépasser et partager au mieux sa passion. Je trouve toujours que trop peu de VTTistes viennent un jour sur ces épreuves, pourtant, ce sont là les sources du VTT. Trop de jeunes se lancent dès 15 ans dans un rythme entraînement spécifique - compétitions. Ce qui donne parfois l'impression qu'ils ne connaissent pas ce que c'est que partir entre copains avec le camelback et explorer les coins derrière chez eux. Au cours d'une saison sportive, c'est important de se laisser le temps pour cela. 

Cette petite parenthèse à VTT se referme, le mois de Septembre n'est pas encore fixé, mais il y aura de sûr le triathlon XL à Gerardmer au début du mois, puis les championnats du monde de cross-triathlon en Sardaigne fin Septembre, ainsi que le Roc d'Azur (Roc Marathon). Pour l'instant, c'est récupération, natation et stand-up paddle au lac d'Annecy quelques jours !

Merci à tous les bénévoles et organisateurs de cette Transmau, aux animateurs de cette Transmau, qui eux non plus, n'ont jamais faiblis !
A "Dédé" notre fidèle commissaire à la FFC, passionné de vélo avant tout et toujours prêt à échanger avec nous. 
A ceux qui nous aurons donné un coup de main quand nous recherchions désespérément un compresseur pour changer un pneu (lol). 
A tous ceux avec qui nous auront passé de bons moments, au camping, autour d'un plat de pâtes au soja (la découverte, merci Mélanie !), sur le vélo ou après !

Pour en savoir plus sur l'épreuve : 
http://www.transmaurienne-vanoise.com

mercredi 22 juillet 2015

Championnats d'Europe de Cross-Triathlon, 8ème pro !

Je n'avais pas prévu de faire ces championnats d'Europe de cross-triathlon en début de saison, pas vraiment cherché ni vu la date au calendrier en fait. Sachant que l'épreuve se situe en forêt noire, donc à moins de 2h de la maison, cela aurait été dommage de ne pas y participer, deux semaines après le XTerra France.

David m'a beaucoup encouragé à m'y inscrire, vérifiant toutes les modalités pour y participer, les conditions, les délais à respecter...bref, tout ce avec quoi j'ai un petit peu du mal, sans doute parce que je concentre davantage mon attention tous les jours dans les nombreuses tâches au travail dont j'ai la responsabilité.
L'organisation n'aura pas été simple, beaucoup de contraintes à respecter et peu d'information. Nous aurons couru après les informations pour savoir comment et quoi régler, à qui, finalement on aura appris à la fédération qu'il y avait une date limite pour ce règlement, mais le jour même cette date limite, par mail... Donc à deux semaines de l’événement, ma participation n'était plus assurée. Cela s'est arrangé, mais aura apporté un bon stress. Sur place, briefing obligatoire, ponctualité exigée, pour connaître tout le règlement lié à la course : des protocoles et horaires particuliers, ou encore des règles comme le drafting interdit entre homme et femme (on ne parle jamais de drafting en VTT d'habitude). Heureusement que mon amie Becci m'a indiqué que ce briefing était obligatoire.

Bref, jusqu'au départ, c'était donc plutôt beaucoup de stress. Jusqu'au point de ne pas oser poser mes tatouages de numéros sur les jambes de peur de ne pas les mettre exactement au bon endroit. Il faut savoir par exemple, que nos noms doivent être floqués sur les trifonctions, mais respecter une certaine police de caractère, une certaine longueur, être mis à un certain endroit...et avant le départ, photo devant et derrière pour vérifier tout cela !

La combinaisons était interdite pour les pros (mais pas les groupes d'âges) et nous devions attendre 20 minutes après l'échauffement pour le protocole de mise en grille. Donc, avec le vent frais du matin, cela aura été échauffement à sec pour tout le monde, et mise à l'eau au tout dernier moment.
Je ne me sens pas "l'âme guerrière" au départ, entre le manque d'échauffement et toutes les rumeurs d'eau froide autour de nous. Pourtant, je ne suis d'habitude pas la première à souffrir du froid.

Le départ des pros - photo Aloha racing

Tout cela fait que j'ai du mal à me mettre dedans au départ, d'autant qu'après la première bouée, il y a beaucoup de courant, et atteindre la seconde bouée semble difficile. Je remarque vite que je suis détachée et personne autour de moi...gloups ! A la sortie de l'eau, il faut en plus courir sur les petits cailloux, ce que je déteste. Je vois alors Sandra Koblmüller qui me dépasse, on repart ensemble dans l'eau, je me mets au début dans sa vague, puis j'arrive à me détacher et à nager plus à mon niveau ce second tour, limitant un peu les dégâts, même si je sors 16ème dame : dur !

Le premier kilomètre à vélo n'est pas fabuleux, avoir été chahutée dans l'eau m'a fait un peu perdre mes repères et techniquement, ça n'est pas trop ça. Les jambes sont dures, ce qui n'arrange rien. Je ne me déconcentre pas, tourne bien les jambes et constate que je souffle fort, ce qui ne m'étais pas arrivée depuis longtemps, du fait de la canicule lors des dernières courses qui forçait à limiter les efforts.
Petit à petit, ça revient et commence à remonter. Je fais tout pour me retrouver en tête pour la dernières descente en single un peu technique (ou "very technical !!!" comme indiqué au briefing !), car je sais que c'est là que je peux gagner du temps. A l'entame, un jeune que j'avais rattrapé et qui s'était mis dans ma roue pendant un bon kilomètre, essaie de me passer : ni une ni deux, je lui dis "No, you stay behind, this is really unfair what you're doing, and I'm a mountainbiker !". Il a vite compris et m'a simplement répondu "Ok, ok !". Bon, là, il ne faut pas se rater !
Deuxième tour, je décide de vraiment embrayer, voyant 3 concurrentes féminines pas loin devant. Cette fois, le rythme est plutôt bon, j'arrive à mettre des attaques au bon moment pour ne pas rester avec des concurrentes qui prennent ma roue, ou des concurrents qui risquent d'être devant moi dans les singletracks.
Au briefing, ils auraient dû préciser clairement : "Men are not allowed to be drafted by women !!!".
Mais l'ambiance est restée plutôt bonne sur cette course, la majorité des filles que j'ai pu doubler m'ont encouragée, certaines ont aussi clairement joué le jeu en évitant de se mettre dans ma roue quand je les reprenais.

J'arrive donc 8ème pro au parc à vélo, après avoir signé le 4ème temps chez les pro à velo. Maintenant, attendons de voir ce que va donner la course à pied après un gros vélo. Je n'ai pas repéré le parcours, et d'entrée, ça grimpe sur un joli sentier. 2,5kms, facile, ça va être une petite montée, une petite descente. Eh ben non : un beau trail en forêt avec 4-5 montées et autant de descente. A répeter 4 fois, waouh, ça va être dur dans la tête et les jambes. Passé le premier tour, les sensations deviennent meilleurs, j'ai moins l'impression de m'écraser et plus de fluidité. Dans ma tête, j'ai peur de revoir les fusées en course à pied me remonter, je me dis que d'ici la fin, il y en aura bien une ou deux. Mais je cours plutôt bien, le cerveau est débranché pour ne pas penser à la difficulté de l'effort, ce qu'il reste à parcourir, mon classement à maintenir. Dernier tour, David m'indique que ça peut remonter derrière, j'accélère donc un peu car j'ai encore les jambes, tout passe bien, je remonte cette fois des concurrents qui m'avaient doublé un peu avant et accélère dans la dernière descente jusqu'à l'arrivée, vraiment satisfaite de ce classement, malgré la natation bien ratée.

Bières "Alkoholfrei" à l'arrivée en compagnie de Verena et Becci...un peu de détente et réconfort !

Le top 10 féminin pro
Durant l'épreuve, je pensais déjà au repos d'après-course, car je commence à fatiguer de la tension de ces courses à ce niveau. Je n'en aurais pas fait beaucoup comparé à d'autres, mais il faut compter aussi la fatigue accumulée avec la vie professionnelle et le manque de temps. Les prochains temps, cela sera donc petite coupure ("sport plaisir") avant de reprendre pour être en forme en Septembre, avec les dernières courses importantes, dont les mondiaux de cross-triathlon en Sardaigne, ce qui sera l'occasion de faire des petites vacances dans cette région qui semble vraiment belle.

Bravo à notre frenchie Arthur Forissier qui remporte ce titre de champion d'Europe, et Renata Bucher chez les féminines, qui revient fort et nous a épaté avec sa performance à vélo qui lui a permis de prendre un gros avantage sur la course !


mardi 7 juillet 2015

XTerra France : objectif rempli !


C'était l'un des objectifs de cette saison. Top 5 au Xterra France.
Pourquoi sur cette épreuve ? Tout d'abord, parce que c'est ce XTerra qui m'a donné envie de me lancer dans le triathlon il y a 4 ans.

La combinaison des 3 disciplines, le défi, le cadre où se déroulait l'épreuve, et sa réputation m'avaient vraiment donné l'envie d'y participer. Ma première participation fût difficile, l'épreuve exigeant une certaine préparation et de l'expérience pour arriver au bout sans trop souffrir, ce que je n'avais pas à l'époque. Ma deuxième particpation, en 2013, était plus encourageante, j'avais réussi à signer une 5ème place, mais j'avais beaucoup souffert et ma course à pied avait été très difficile.
Pour ma troisième participation, j'avais de l'ambition et un peu de pression, suite à ma victoire au Xterra Portugal, avec un plateau moins relevé. Je n'étais pas au top de ma forme et je m'étais un peu brûlé les ailes en début d'épreuve, j'ai terminé difficilement, malade et très déçue.

Cette saison 2015, je voulais prendre ma revanche et surmonter enfin mes difficultés sur cette épreuve. J'ai donc tout planifié pour y arriver en forme et fait beaucoup de sacrifices : moins de courses en début de saison, pas de vacances avec les copains pour pouvoir y participer,
un week-end repos en solo à la maison avant l'épreuve plutôt qu'accompagner David en Ardèche pour un raid VTT avec les copains. La Cape Epic n'était pas prévue au départ, mais j'étais convaincue qu'elle me permettrait de passer un gros cap, physiquement et surtout, mentalement. Je n'imaginais pas à quel point.

Arrivé à la veille de l'épreuve, même si je me sentais plutôt prête, je doutais forcément de mes ambitions à la vue du plateau très relevé. Mon objectif était de pouvoir me faire une place dans le top 5...5ème aurait été très bien !

Afin de me débloquer après une semaine très légère, du fait de la canicule, j'ai participé à l'épreuve de XC Eliminator, qui consistait en plusieurs manches sur un circuit de 800m, entre north shore et sentiers techniques. Mes sensations étaient bonnes et je savais que je n'aurais pas perdu du jus sur l'épreuve.  Qu'au contraire, cela me permettait de réactiver l'organisme juste à temps. L'épreuve était intéressante mais nous n'étions que 3 filles pour cette première édition improvisée une semaine avant.
Je remporte l'épreuve, mais là n'était pas le but.

Par contre, pouvoir arroser le vainqueur du XCE, Monsieur Rémy Absalon, restera un bon souvenir ! :)

La Cape Epic et notre beau résultat en ce début de saison m'aura permis d'aborder la suite de la saison sereinement, considérant que je n'ai plus rien à démontrer, et que tous les bons résultats qui viendront ne seront qu'un bonus.
J'étais donc très détendue avant l'épreuve, ce qui est un gros avantage pour conserver un maximum d'énergie et une bonne concentration. Je ne me suis pas plus entraînée cette saison pour cette épreuve, je pense même parfois que j'en fais moins qu'avant, que j'attache plus d'importance à la récupération et la fraîcheur à l'arrivée d'un objectif.

En natation, je pense être plutôt bien les derniers temps, même si 2 séances de 1h chaque semaine ne me fera pas nager un 1500m en 21 minutes ! Je profite en tout cas de bonnes sensations, j'ai donc aborder ces 1500m de cette façon.
David m'a encouragé à me placer à l'avant au départ, mais j'ai toujours peur de cette masse de bon nageur qui me rattraperont dans les premiers mètres, je préfère donc me mettre en 2ème ou 3ème ligne. Au final, je me retrouve toujours coincée dans les mauvais groupes en deuxième partie de course, quand je commence à accélérer alors que les autres ralentissent un peu. J'ai donc dû m'arrêter, changer de ligne, tout en me prenant de bons coups par moment, dont un au visage (involontaire, mais quand même !), ce qui m'aura bien pénalisée.

"Mais où est Coralie ?" Bonnet jaune avec un 35 tatoué sur le bras, David juste derrière




Je sors de ces 1500m en 26'16, cela reste pas trop mal pour moi sur une session sans combinaison. J'ai en tout cas à nouveau adoré cette partie de l'épreuve, c'est toujours un sentiment de liberté incroyable que nager en eau libre.

Au début du VTT, on m'annonce 130ème. Gloups, c'est vraiment loin pour moi si je veux espérer faire un résultat ! Pas de panique, je me mets en mode "Cape Epic", la gestion de l'effort et de la chaleur bien en tête.
Je manque sans doute de relance et vitesse par moment, David me rattrape dans le premier tour et m'en fait part. Je roule en ayant bien en tête les 10kms de trail qui  m'attendront après, me mets une musique dans la tête pour passer le temps, m'alimente et bois à intervalle régulier, et ne fais pas un effort plus important que l'autre. Je rattrape petit à petit pas mal de monde, des filles aussi, jusqu'à ce que j'entende  qu'on m'annonce 3ème. Là, je me dis que les gens n'ont pas dû bien compter, mais quand j'arrive à l'issue du VTT, c'est confirmé ! Il y a Kathrin en tête, Helena ensuite et puis...moi ! Moi derrière elles, 3ème ! In-croy-able !



Photos Anne-Sophie Haverlant


 Le VTT aurait pu cependant s'arrêter tôt : n'ayant pas repéré le nouveau parcours, je me suis engagée trop rapidement sur une bosse qui ressemblait pour moi à un saut. Sauf que cette bosse, il fallait l'enrouler ! Je me suis donc retrouvée à piquer de l'avant vers une réception à plat. Je ne sais pas quel reflexe j'ai pu déclipser, me pencher de côté pour éviter de mettre tout mon poids sur la roue avant, et arriver à rattraper le tout sans tomber fort. La personne qui m'a suivi n'a pas eu cette chance, vélo cassé à la réception. Au tour suivant, je croiserais un concurrent à terre à cet endroit...
Je profite en tout cas de très bon matériel (merci Kappius !) car contre toute attente, j'ai pu repartir. Et d'une bonne étoile aussi, si il fallait encore m'en convaincre !


A la fin de ces 40kms, je sais que je suis toujours plutôt "fraîche", j'attends de voir comment je vais tenir sur mes jambes en descendant du vélo. Dur, car je me retrouve à la limite d'avoir des crampes partout, sensation que je n'avais jamais eu ! J'essaie donc d'éviter tout faux-mouvement, de dérouler au maximum ma course à pied, et je vois que ça ne se passe pas si mal. Je rattrape David, qui paye ses efforts à VTT, en le taquinant, il me répond "Garde ton souffle pour pas te faire doubler !...Ah ben, trop tard, tu vas te faire doubler !". Et là, je me fais déposer par Myriam Guillot-Boisset, qui pratique le Raid depuis quelques années, qui court comme je courrerais sans avoir fait ces 40kms de VTT sous une telle chaleur ! Pourtant, je me sens plutôt bien, et je sais que le second tour sera encore meilleur. Je n'ai pas senti de coup de moins bien, j'ai été bien jusqu'au bout, même si je n'ai jamais pu me reposer, n'y croyant jamais, jusqu'aux tout derniers mètres.

A l'arrivée, au bout de 4h04 d'effort, beaucoup de satisfaction car j'ai eu le sentiment d'être arrivé à franchir un cap important cette année dans ma façon d'aborder la compétition, ma préparation, mon quotidien...



Top 5 femme et homme, avec Ruben Ruzafa, Bradley Weiss, François Carloni, Arthur Forissier et Malte Plappert pour les hommes. Chez les femmes, Kathrin Müller, Helena Erbenova, Myriam Guillot-Boisset, moi-même et Sandra Koblmüller

Si je fais tout cela, c'est toujours dans le but de m'améliorer, d'analyser et d'apprendre.
Je suis vraiment très contente d'avoir pu autant assimiler cette année et sentir maintenant comme tout me paraît plus facile. Je n'oublie pas toutes les années à en baver, à être fatiguée, les déceptions, les moments où on tourne en rond et ne progresse pas, mais  suis vraiment heureuse d'avoir ces sensations et cette expérience maintenant.
Nous sommes capable d'encaisser et de nous adapter à beaucoup de choses, plus que l'on n'imagine. Il suffit de prendre les choses sereinement, avec réflexion et patience, mais aussi de s'écouter et respecter sa santé.


C'est ce message que j'ai essayé de faire passer au micro à l'arrivée. Je ne suis pas une pro, je travaille à 100% cette année, je ne m'entraîne que 6-9h par semaine en moyenne, et j'y arrive. C'est ce qui me permet de croire à un sport qui peut être propre, durable et avec de bonnes valeurs. Par passion pour le sport, c'est vraiment ce message que je souhaite faire passer, à travers mes résultats, mon blog, ou l'entraide que je peux parfois apporter à des athlètes, confirmés ou débutants.


 La récupération va être courte, je participerais aux championnats d'Europe de cross-triathlon en Allemagne, en forêt noire, dans deux semaine. Un parcours plus typé "triathlon", avec un VTT plus court et plus roulant.

 Merci à tous ceux qui ont contribué à cette belle 4ème place, la liste est trop longue pour la refaire, entre les partenaires matériels, les amis ou simplement les passionnés qui me suivent !

Certes, ça n'est pas une victoire comme au Portugal, certes j'avais déjà terminé 5ème il y a deux ans, mais un top 5 cette année sur cette épreuve, cela représente aussi une 56ème place sur 900 partants...moi-même je n'en reviens pas d'un tel résultat !


samedi 13 juin 2015

Bloc #2 de la saison 2015 : Après-Cape à VTT, reprise des triathlons...et premiers tests !

Après une longue pause pour le blog, il y aurait beaucoup à raconter suite à mon retour de la Cape Epic. Cette épreuve ayant été particulièrement marquante, j'attendais quelque part le premier vrai test en triathlon longue distance pour voir les bénéfices que la course aurait pu m'apporter. La boucle a été bouclée la semaine dernière, avec une bonne prestation et même une victoire sur ce triathlon L d'Obernai.

L'après Cape Epic : sur la réserve !

Ne sachant vraiment pas comment je récupérerais de ces 40h de VTT en une semaine, cumulées à un bon manque de sommeil, une sollicitation physique et mentale importante avec le podium que nous visions, je m'étais donné un mois sans programme ni courses en vue.

Pour cette raison, j'avais répondu négativement à l'invitation de l'organisation du XTerra Réunion qui se déroulait fin Avril, j'avais aussi décidé de ne pas m'engager sur le raid VTT des chemins du Soleil, qui m'aurait pourtant bien plu.

J'ai par contre décidé de participer à deux coupes de France VTT pour plusieurs : tout d'abord, être avec mon équipe locale du team Cube-Giromagny car nous passons vraiment de bons moments en leur compagnie. L'état d'esprit est bon, la cohésion malgré les différences d'âges toujours bonne, et les résultats sont là grâce à suffisamment de sérieux et de rigueur de la part de tous, sans oublier de s'amuser et ne pas se prendre au sérieux quand il le faut.

Le risque était de ne pas vraiment apprécier ces circuits en boucle de 25kms après les étapes de plus de 100kms de la Cape.
Et aussi, de ne pas arriver à me mettre dans le rythme très intensif de ces courses.
Effectivement, les départs ont été lors de mes deux participations catastrophiques : retard à l'allumage et difficulté à frotter. Je me suis à chaque fois retrouvée dans le mauvais paquet, puis il a fallu remonter. Le pire ayant été en Bretagne, où je pointais à la 28ème position au bout de 15min de course. Ca aurait pu être vraiment démoralisant, mais j'ai pu retrouver les ressources pour remonter à la 11ème position, à quelques secondes du top 10 à chaque fois.
Le fond était là pour faire de belles remontées, techniquement j'étais aussi plutôt bien dans le coup, et surtout, j'ai adoré ces circuits ludiques et variés, retrouver les sensations de pilotage et de vitesse que j'adore à VTT, et que je ne retrouve jamais aussi bien que sur un circuit de XCO quand la forme est au rendez-vous.
Pouvoir constater que l'ambiance est toujours bonne sur ces coupes de France, qu'il y a toujours beaucoup d'enthousiasme, de rencontres sympas, auront aussi été très importants pour nous.

Un beau VTT, ça donne envie de rouler ! Merci encore à OPEN, Kappius, Rotor, Hope...et Jeff pour leur soutien cette saison !



Merci au team et en particulier à tous ceux qui ne courent pas et travaillent toute l'année pour que nous autres coureurs, puissions nous consacrer à nos courses aussi bien. Merci aussi pour l'assistance en course au top, lorsque je crève sur la première manche...ou lorsque je me rends compte de "petits oublis" sur la ligne de départ, preuve que je viens en mode (un peu trop) détendue.

Team Cube-Giromagny 2015


Retour au triple effort

Cette période de remise en jambe aura tout de même été longue, la compétition me manquant tout de même, ce qui se faisait parfois ressentir sur mon humeur. On ne passe pas d'une semaine à 40h de VTT, dans notre bulle sportive, en extérieur, avec le lot d'émotion que cela génère, à une vie sédentaire, un travail en bureau, bien moins de sport, sans petite baisse de moral.
L'important est de savoir que tout cela reste physiologique et ne pas en faire des montagnes. Je me suis donc parfois remise à marcher, juste pour être dehors et évacuer, lorsqu'au niveau des entraînements il fallait alléger. Et on ne pense jamais aussi bien qu'en marchant !

Le retour à un entraînement bien structuré pour le triple effort, en vue des premiers objectifs, a fait le plus grand bien. Reprise de mes deux entraînements par semaine de natation, de course à pied, de vélo et enchaînements.
En natation, il était temps, car je n'arrivais souvent à faire qu'une séance par semaine, ce qui est insuffisant pour obtenir la bonne musculature et fait que chaque séance est plutôt difficile au départ, et que je n'arrive pas à avoir les bonnes sensations de glisse et aisance.

Après 3 semaines d'entraînements orientés triathlon L, j'ai participé au triathlon de Belfort en version M, à la maison donc !

En natation, j'ai clairement pu constater qu'il fallait que je commence à réorienter mon entraînement, la nage en eau libre en course n'étant absolument pas pareil que la nage en piscine avec l'orientation et la tactique qui sont très importants pour pouvoir poser au mieux sa nage, nager que 1500m et pas 200m de plus, et se réserver pour la suite de l'épreuve. Ne nageant vraiment pas assez droit, et ne "prenant pas les pieds" lors de la deuxième boucle, j'aurais passé trop de temps respirer en frontal pour m'orienter (avec un bon mal à la nuque le lendemain !) et avec une minute de perdue par rapport à la première boucle, bien que physiquement, je me sentais mieux. Je sors tout de même 3ème de l'eau, j'ai connu pire.

A vélo, rien d'exceptionnel bien que j'essayais de remonter sur la tête, en respectant bien les règles pour éviter le drafting...ce qui n'est pas le cas de tous et toutes, je suis toujours étonnée de voir comme certains s'organisent pour clairement contourner cette règle. Heureusement, nos deux arbitres au club, Charlotte et Isabelle, étaient là pour veiller ce jour là. Il n'y a rien de pire, quand on respecte les règles, de constater que les autres ne sont pas sanctionnés lorsqu'ils trichent...comme j'ai déjà pu le constater sur certains triathlons où clairement, les arbitres se promenaient à moto sans sanctionner les athlètes "pro", qui touchent tout de même des primes en fonction des résultats, ce qui relève encore un peu plus l'injustice. Je ferme là la parenthèse.

Merci Thierry Sourbier pour les photos et encouragements !


Après cette partie vélo, on se retrouve à deux avec une allemande, pour ces 10 kilomètres de course à pied. Pour moi, c'est pas le bon jour et je démarre avec d'énormes crampes au ventre. Je me concentre sur ma respiration que j'essaye d'avoir le plus "ventrale" possible, mais je dois serrer les dents. Je décide donc de m'arrêter pour me masser le ventre et bien respirer. Petit à petit, en me concentrant sur des idées positives, les douleurs commencent à passer et je commence à remonter. Je ferais une bonne course à pied finalement, mais trop juste pour remonter dans le classement.



A l'arrivée, je suis impressionnée par la prestation de mon amie allemande Becci, qui remporte la course...je ne l'aurais aperçue qu'en natation !
Becci m'a appris beaucoup, en sport et en triathlon, car elle y a plus d'expérience que moi, elle a un mental de gagnante (plus que moi !), et une rigueur plus importante que la mienne quand vient la course...alors qu'à côté de cela, elle prends la vie plutôt simplement, en se laissant guider par ses passions pour le sport : l'escalade, le vélo de route, le triathlon. Elle est physiothérapeute de formation, et nous apprends aussi beaucoup à ce sujet.
Ca n'est parfois pas évident de se battre pour les mêmes places ensemble, mais nous savons faire la part des choses. Pour moi, lorsque quelqu'un qui respecte les règles est plus fort que moi, je ne vois vraiment pas pourquoi je lui en voudrais et ne serais pas contente pour cette personne. Comme je lui dit : " Quand tu gagnes, je me dis juste : comment la prochaine fois, je pourrais être meilleure que toi ! :-)"

Podium du triathlon de Belfort M, avec "Becci" Kaltenmeier et Simone Schwartz



Triathlon L d'Obernai : le test !

Ayant plutôt bien récupéré de ce triathlon de Belfort, j'ai enchaîné sur le traithlon L d'Obernai le week-end suivant.
Ce triathlon me tenait à cœur car je connais bien le parcours à vélo, celui que j'ai l'habitude de faire chaque année lors de ma période coupure l'été pour me ressourcer sur les routes de mon enfance, celles que mes arrière-grand-parents empruntaient déjà à vélo.

Courir à cet endroit, c'était aussi un peu faire honneur à ma famille et tout ce qu'ils m'ont apportés, au delà de bons gènes pour les sports d'endurance ! Mon arrière grand-père était déjà coureur cycliste amateur, à l'époque il avait arrêté après avoir constaté les ravages du dopage autour de lui... Il s'était alors mis à la course à pied, mais y a constaté les mêmes méfaits ! Dégoûté par tout cela, il avait finalement tout arrêté pour se consacrer à sa vie familiale et son métier de maraîcher.
Je suis contente des progrès faits en lutte anti-dopage, pour ne pas avoir eu à arrêter par dégoût comme lui. J'ai eu à côtoyer des athlètes qui "traînaient des casseroles", d'autres qui font vraiment douter...Pour moi, cela me parait tellement incroyable. Même si au final, ces athlètes sont peut-être plus forts que moi, je suis fière de me dire que je fais ce que je fais en respectant mon éthique, mon corps qui m'apporte autant, et mon intégrité morale. Il n'y a aucun titre ou médaille qui vaut plus que cela et je ne sais pas comment on peut être fière de ses résultats en pratiquant le sport de façon si obscure. Deuxième parenthèse fermée...

Ce triathlon rassemble d'habitude de bonnes pointures du triathlon longue distance, mais les habituées des dernières années n'étaient pas présentes. Le champs semblait donc un peu plus libre, mais tout restait à faire : la moindre défaillance et la dégringolade peut être sévère, surtout lorsque le thermomètre tourne autour de 30° lorsqu'il faut entamer le semi-marathon final.

En natation, cela fût vraiment plus un plaisir qu'à Belfort...3 boucles de 700m, avec de nombreuses bouées et lignes, exit les problèmes d'orientation ! Je me suis retrouvée avec Sabrina Ricci qui terminera 2ème, nous avons fait quasiment toute la natation ensemble, j'ai réussi à me détacher dans le dernier tour et gagner 20''...pas de doute, même en natation, je suis vraiment meilleure sur la longue distance que lorsqu'il faut nager vite. Problème de technique à plus grande vitesse peut-être... Je sors donc en deuxième position de l'eau à la 36ème position, pas mal pour moi.

J'ai géré le vélo comme je gérais lors de la Cape Epic, au même rythme, en mangeant régulièrement et plutôt du solide. Le parcours vosgien était sublime, entre Mont saint-Odile, Hohwald, Champ du feu, retour au Mont Saint-Odile. En bonne vttiste, dans les montée, j'affichais un bon tempo, mais lorsqu'il fallait envoyer du braquet sur le plat ou en descente, je me faisais vraiment "fumer" ! Les hommes autour n'ont pas trop rigolé, à une ou eux exceptions près, je n'ai pas eu beaucoup d'encouragement sur ces 83kms de vélo !



Comme me le disait un collègue triathlète avant la course : "sur un L, la course commence vraiment à la course à pied". J'entame la course à pied avec l'objectif de bien courir, de tenir bon, d'être forte dans la tête. Je n'ai pas repéré le parcours mais on me dit que ça grimpe pas mal. Le vélo qui accompagne la première féminine se mets devant moi, je suis presque étonnée tellement cela fait longtemps que je n'en ai pas vu un ! Je me dis que je n'avance vraiment pas, mais petit à petit, la gestuelle devient meilleure et ça commence à avancer tout seul. Je ne pense pas aux kilomètres qui m'attendent, je pense à plein de choses positives pour m'occuper, et puis au dicton d'André : "grandis-toi !!!" :)
A chaque ravitaillement, je m'arrête et me mouille, bois un mélange coca-eau et repars. Normalement, l'estomac est encore bien rempli après le vélo. Mais au deuxième tour, alors que je veux entamer mon premier gel juste avant le ravitaillement, mon estomac dit : "NON !!!". Me voilà prise de vomissements, mais rien ne sort. Je comprends que j'ai dû rater quelque chose, j'arrive à avaler une moitié de banane et repars. Les jambes sont toujours bonnes donc on oublie ce mauvais épisode. Deux tours sont terminés, reste à assurer le dernier, et derrière, ça a commencé à remonter !
Donc je donne tout dans le dernier tour, l'énergie est encore là et je réussi à terminer plutôt bien...à 4'' du meilleur temps en course à pied, dommage !

Je commence à parler avec le speaker, puis je dois m’asseoir, je commence à me sentir mal. Je mettrais plus d'une heure à m'en remettre, j'ai dû vraiment beaucoup puiser dans mes réserves. C'est incroyable comme on arrive à avancer, alors que dès qu'on s'arrête, on se retrouve KO.

Vraiment satisfaite d'avoir pu constater mes progrès, avec mon petit volume d'entraînement (en comparaison de la distance). En programmant bien son entraînement, et la qualité de ses entraînements, on peut y arriver ! Je n'ai jamais dépassé les 10h d'entraînement et 6 séances/semaine maximum avant cette échéance. Je ne suis pas au top de ce qu'il serait possible de faire sans doute, mais j'arrive à terminer un tel triathlon en étant bien et en faisant une performance correcte. Objectif rempli !

Podium du triathlon L, avec une partie des courageuses qui se sont élancées sur ce "half-ironman"...Bravo !


Maintenant, cap sur les premiers gros objectifs en cross-triathlon de Juillet : le XTerra France, puis deux semaines après, le championnat d'Europe de cross-triathlon en Allemagne, en forêt noire, au Schluchsee.

Un merci pour terminer, à mon osthéo pour son investissement et son travail toujours aussi surprenant pour arriver à remettre en place mon corps bien torturé par tous ces efforts par moment ! Il était temps que je consulte, après la Cape Epic !

jeudi 14 mai 2015

"Qu'est ce qu'il faut manger ?"

Depuis un petit moment, je voulais faire un petit article en aparté pour parler nutrition. Si la plupart des compétiteurs confirmés que je côtoie ont  une bonne connaissance de la nutrition et font "les bons trucs", je remarque que les jeunes qui commencent à se lancer dans la compétition et veulent progresser sont parfois un peu perdus, leurs parents aussi. Pour les novices, cela paraît aussi parfois compliqué et contraignant de "faire le métier". Ayant souvent entendu cette question les derniers temps, voilà un petit article en guise de réponse personnelle.


De mon côté, je suis passé d'une alimentation bien trop "raffinée" et industrielle en étant jeune, à une période où j'ai appris conjointement à cuisiner, et la valeur nutritionnelle des aliments. J'ai lu beaucoup de bouquins et articles sur le sujet, fait mes essais...et me suis aussi beaucoup mis de contrainte par moment, en pensant, comme pour l'entraînement et mon hygiène de vie en général, qu'il fallait tout faire parfaitement, tous les jours, tous le temps, pour être au top...et que le moindre grain de sable dans cette organisation bien réglée pouvait compromettre un objectif.

Après 10 ans de compétition et d'essais en tous genre, je pense maintenant que notre corps est capable d'encaisser beaucoup de choses et que l'on a une bonne capacité d'adaptation. Le plus important est selon moi de tous les jours, intégrer des bonnes pratiques, autant que l'on peut, mais sans prise de tête. Le stress généré par une organisation trop millimétrée est pour moi ce qu'il y a de plus pénalisant pour la performance. C'est aussi ce qui fait que l'on vit moins bien sa vie de sportif à long terme.
Depuis quelques temps, j'ai pu constater que le fait de mieux vivre mon quotidien, mes entraînements, mes courses, en étant plus détendue, m'a permis de réaliser mes meilleures performances...et surtout, d'en profiter à fond !

Alors, même s'il m'arrive de manger pizza-bière entre copains le soir avant une grande course comme les championnats de France VTT XC Marathon l'an passé, où contre toute attente, j'ai terminé 2ème, je garde toujours mes bonnes pratiques alimentaires, qui font que j'ai pu faire 10 ans de sport en compétition en parallèle de ma vie professionnelle sans blessure, carence, ni gros surentraînement.
Voilà donc quelques uns des petits trucs auxquels j'essaie de m'astreindre le plus souvent.

1. Pas un repas sans légume
Pour la satiété, pour les couleurs dans l'assiette, le goût, pouvoir ajouter des huiles végétales essentielles pour nous les sportifs (olive, colza), équilibrer une ration parfois trop riche mais qui fait plaisir...
Le soir, c'est souvent salades composées ou soupe.

2. Avant un triathlon ou une course à pied : exit les fibres 2 jours avant !
Une des seules vrais règle à laquelle je ne déroge pas car en course à pied, les problèmes intestinaux sont rédhibitoires pour la performance...je ne vous fait pas de dessin ! J'essaie donc de moins manger de fibre les 2 jours avant course : moins de fruits et légumes, céréales complètes...

3. Le gluten...
Parfois, surtout avant course, pour réduire l'acidité dans l'organisme, je fais attention à manger moins d'aliments avec du gluten. Je ne suis pas intolérante au gluten mais peut-être que je suis moins fatiguée à l'approche d'une course où j'aurais fait l'effort de manger moins d'aliments à base de blé, mais plus de pomme de terre, riz, petit épautre...

4. Toujours une collation sucrée directement après l'effort
C'est le meilleur moment pour refaire ses réserves et bénéficier des bienfaits de l'effort. Pour reconstruire l'organisme aussi. C'est plutôt là que je vais manger des sucres rapides (boissons, pain, brioche...) ou fruits.Ce qui fait plaisir mais qui est calorique peut être intégré à ce moment là, ou pendant l'effort.

5. Equilibrer ses besoin nutritionnels sur la journée
L'erreur la plus importante que j'ai fait durant des années, c'était celle de penser qu'à chaque repas, il fallait que je mange de tout pour satisfaire tous les besoins nutritionnels. Ce qui faisait que souvent, je mangeais trop en quantité. Maintenant, je sais que tout cela peut s'équilibrer sur une journée, et qu'il ne faut pas manger au-delà de l'impression de satiété...ce qui fait que souvent, je vais zapper le dessert par exemple.
J'ai aussi souvent faim en fin d'après-midi, je mange donc plutôt à ce moment-là, et rééquilibre en mangeant moins le soir...surtout, moins de féculent !

6. Boire, boire, boire ! (de l'eau)
Boire pour éliminer, boire pour stocker le glycogène, boire pour être hydraté... Ne pas boire assez, c'est risquer les blessures (tendinites), la fatigue. J'ai toujours une bouteille avec moi et bois plutôt entre les repas (juste une habitude).

7. Chaleur : complément en minéraux avant la course
Pour bien supporter la chaleur et rester performante, encore une règle à laquelle je ne déroge jamais : je mets dans ma bouteille d'eau des petites pastilles de minéraux (electrolytes) un à deux jours avant la course...idem après course.

8. Les protéines : un peu régulièrement
J'apprécie volontiers manger végétarien. Pour le principe, pour les bons petits plats, pour le fait de me sentir aussi plus "légère", moins "encrassée". Cependant, par peur de ne pas être performante à long terme, je mange régulièrement, mais en petite quantité, toute sorte de protéines plutôt maigres : jambon, poulet, poisson, porc...

9. Le sucre, les graisses...
Plus jeune, j'ai eu une éducation alimentaire un peu trop "libre", où les aliments qui font plaisir prenaient un peu trop de place. Je n'ai jamais pris de poids car j'étais toujours très active, à bouger dehors. Une fois la croissance terminée, il faut tout de même veiller davantage à son alimentation si on ne veut pas gonfler. Et de mon côté, le sport a aussi permis de me donner envie de changer mon alimentation.
Le goût s'éduque, pour aller vers le changement, il suffit d'y aller petit à petit : prendre les aliments bruts, rajouter sucre et graisse si besoin et petit à petit, en mettre de moins en moins.
Pour moi, ça a bien fonctionné même si arriver là où j'en suis n'était pas un but au départ. Je n'apprécie plus ce qui est trop sucré ou trop riche, question de goût. Et c'est très bien comme ça !

10. Mes aliments/plats à haute densité nutritionnelle
Dans la liste des mes aliments ou mets à haute densité nutritionnelle préférés, que je mange régulièrement, voire tous les jours : amandes/noix, huile d'olive et colza, germes de blés, persil, ail/échalote, houmous, pain noir, hépar, yaourt, bananes, cacahuètes (natures, pas grillées ni salées), boudin (pour le fer, au moins une fois/semaine), thé vert.

                  Houmous...Miam !

11.  Yaourt
Pour le calcium et la flore intestinale (donc le système immunitaire), au moins un yaourt nature par jour, avec germes de blés.

12. Le bio
Parce que j'ai du mal à concevoir qu'on puisse consommer des produits phytosanitaires en se nourrissant, ou qu'on puisse dégrader notre environnement à long terme (ce qui revient à nous condamner), j'essaie de consommer le plus souvent des produits bio, ou agriculture raisonnée locale. Certes cela coûte plus cher, mais la valeur nutritionnelle est aussi plus importante. La viande coûte aussi cher, mais là-dessus, peu de gens sont prêts à remettre en question le contenu de leur assiette bien trop chargée par rapport à leurs besoins. Sachant, aussi, qu'il y a une théorie qui dit que tant que l'on n'a pas tous les nutriments dont nous avons besoin, nous aurions faim, le calcul est vite fait.
Mais c'est une question de choix et chacun est libre de s'alimenter comme il le souhaite. Par confort, j'achète aussi au plus proche de chez moi ou plus rapide, j'essaie juste de ne pas déroger à certaines règles que je me suis fixée...même si il y en a beaucoup ! Question de "consom'action" :)



13. Mon repas type avant course
3h à 2h30 avant course, je mange des pâtes (ce que je mange en fait plutôt rarement pour une sportive), avec jambon, un peu d'huile d'olive, du persil + un yaourt, éventuellement une compote, un peu de gâteau sport que j'aurais préparé avec farine semi-complète/ épeautre, lait de soja, raisins secs et fruits...cake que je mange aussi à volonté le jours avant la course après la reco/déblocage.

Et 1h avant la course, une banane, histoire de ne pas avoir le ventre tout à fait vide au départ.



14. Et ce que je fais mal...mais c'est pas grave :)
Grignoter le matin au bureau avec le café (mais par période, quand j'ai des objectifs, j'arrive à m'en défaire... :) ). Brioches, cakes, chocolat noir...
Un peu de fromage...même si je préfère le fromage de chèvre, donc moins grave :)
Une petite bière artisanale ou un bon verre vin de temps en temps :)

Voilà, dans un bref résumé, ma conception et mes habitudes en terme alimentaire. Pas si compliqué je pense, même si j'ai peu de temps pour faire de la grande cuisine, cela permet de  bien manger tous les jours en se faisant plaisir. Le plus important après tout !


lundi 6 avril 2015

Cape Epic : done !

Voilà deux semaines que nous avons franchi la ligne d'arrivée après ces 8 jours de Cape Epic, dans la province du Cap en Afrique du sud. Même si, pour d'autres besoins journalistiques, je ne vais pas publier aujourd'hui ici mes "mémoires" de la Cape, je vais tâcher de faire un petit retour sur cette course par étape, sa dimension et ce qu'elle a été pour moi, tout simplement le meilleur de ce que j'ai pu vivre à VTT jusqu'à maintenant...voire même sportivement.

A l'arrivée, avec la légende Jose Antonio Hermida et Rudy Van Houts

Les faits, pour résumer :

- 8 jours de course,
- 738 kms parcourus d'est en ouest au-dessus de la région du Cap
- 39h45 d'effort pour nous en 8 jours
- 16000m de D+
- 600 équipes engagées, 87% arriveront à terme
- 75 équipes mixtes
- 3 camps établis dans des régions différentes avec 2000 tentes plantées pour les coureurs, médias, organisation
- plusieurs bike-parks parcourus, des singletracks de rêve !

Et pour nous :

 -3ème du classement mixte, derrière les duos Ivonne Kraft - Peter Vesel / Catherine Williamson - Nizaam Esa, des références en terme de course longue distance et habitués de la Cape Epic
- 74 ème au général
- 5 places de 3ème, deux de quatrième, une de cinquième sur les étapes
- Zéro bobo
- Zéro grosse chute, petits chutes bénignes au ralenti pour moi (rouler dans le sable, ça s'apprend !)
- Notre matériel 100% fiable et résistant ! Nous avons eu à déplorer un seul problème mécanique dû à un gros choc pas amorti dans une descente, qui aurait pu nous coûter une très grosse chute. Nous roulions en groupe et malheureusement, la tête du groupe n'a pas prévenu du danger...

Sans oublier beaucoup de "fun" grâce aux gens autour de nous

Cette course à étape se courrait en équipe de deux. Nous l'avons fait en équipe mixte, c'est d'ailleurs mon coéquipier, Jeff, qui est à l'origine de cette aventure. Lui l'avait déjà terminé 5 fois en équipe masculine, avec différents partenaires. Pour cette sixième édition, il souhaitait vivre l'aventure différemment, en compagnie d'une femme, pour être davantage à l'aide de sa coéquipière et voir comment une "Newbie" réagissait par rapport à un tel défi.
Notre sport individualiste a pris une autre dimension pour moi sur cette course grâce à cette formation en duo imposée. Il ne s'agit pas d'arriver en même temps, point. Il s'agit vraiment d'arriver à être plus fort à deux, que l'on soit en bataille pour un podium, ou que l'on soit en grande difficulté, une heure, un jour, ou plusieurs.

Notre duo de choc !


J'ai eu la chance de pouvoir rouler la plupart des étapes en compagnie des équipes filles qui jouaient le podium et ai pu donc apprendre beaucoup de cette course en leur compagnie. Leur rythme m'allait bien, il n'y avait jamais d'à-coup, et c'est vraiment de cette façon que cette course se gère, dès les premiers kilomètres du premier jour. Je connaissais certaines filles du fait de leur palmarès étoffé, avec des titres de championnes du monde, championne olympique, top 5 mondial ou autre. Ce fût pour moi un vrai privilège de pouvoir faire des kilomètres en leur compagnie et surtout, de les voir aussi ouverte et prête à aider leur partenaires, voire même quelqu'un comme moi qui roulait en leur compagnie. J'ai été beaucoup encouragée par Gunn-rita Dahle, notre légende du VTT, et aussi Esther Süss, top 5 mondial en XC Olympique et longue distance, et experte sur cette Cape Epic. Quand quelqu'un comme elle vous encourage et vous laisse passer à l'entame d'une longue descente (sans même rien demander), on se sent vraiment pousser des ailes !
D'autres filles, bien contentes de pouvoir profiter de la roue de mon coéquipier, m'auront aussi  parfois aider en me poussant pour me remettre dans les roues, le genre de comportement que je ne me souviens pas avoir beaucoup vu auparavant.

La ligne d'arrivée de la dernière étape, à Merendal (domaine viticole qui possède un bike-park)



Notre ultime arrivée !



Nous avons tous conscience que notre but, c'est de voir cette ligne d'arrivée au bout des 8 étapes, et que le pire serait de ne pas pouvoir y arriver. Beaucoup de dangers et d'embûches peuvent se trouver sur notre chemin (chute, casse de matériel, maladie) et nous savons que jusqu'au bout, rien n'est fait. Je pense que c'est pour cela aussi que tout le monde s'encourage autant. Voir quelqu'un devoir abandonner ou baisser les bras (rare) nous fait vraiment de la peine. C'est sans doute pour cela aussi que nous sommes tous prêts à nous encourager ou nous entraider. Moi particulièrement par rapport à d'autres féminines, parce que je dois dire qu'à notre niveau de course (entre 50-100 sur 600 équipes)), les hommes auront trop souvent été moins sympathiques avec nous, nous "attaquant" souvent pour nous distancer, ce qui n'était pas forcément la meilleure tactique sur cette course. Nous aurons en tout cas beaucoup ri de toutes les manigances que nous aurons pu voir !



D'un côté plus personnel, cette course fût une révélation pour moi car je n'aurais pas pensé être autant en forme sur ces 8 jours. Je savais que les paramètres étaient bons : j'avais une bonne récupération depuis que je pratique le triathlon, plus de motivation pour le VTT que je pratique un peu moins, un meilleur mental aussi et une meilleure gestion de course grâce au triathlon, qui pour moi est plus exigeant que le VTT. A vélo, on peut toujours lever le pied et prendre un faux-rythme. En triathlon, lorsqu'on termine par de la course à pied, impossible, sinon c'est le risque de flancher et être complètement arrêté. On doit toujours penser à cette course à pied finale et gérer ses efforts en fonction de cela. Du moins, c'est comme cela que je gère mes courses.

Je me sentais donc plutôt confiante, même si le kilométrage me paraissait énorme et que cela me faisait tout de même bien peur. Dès le premier jour, j'ai donc dis à Jeff : on ne parle ni de classement, ni de kilométrage (sauf pour m’annoncer les 10 derniers, à la limite !), pour ne penser qu'à la gestion de l'effort et la régularité, qui pour moi seraient vraiment les éléments à maîtriser pour arriver au bout avec le meilleur classement possible à la clé.
Le fait d'arriver toujours très proches des équipes mixtes en 2ème, 3ème ou 4ème position nous aura tout de même donné un petit stress en plus, qui a été évacué à l'arrivée du "King stage" le vendredi, où les écarts étaient devenus importants entre toutes les équipes et le classement final presque fixé. Cette étape de 117kms aura été vraiment dure, mais la longue ascension difficile dans des paysages magnifiques jusqu'au col pour redescendre ensuite sur Worcester aura été une étape symbolique à nos yeux dans cette semaine. Pour nous, la suite de la course, c'était toujours gérer, mais aussi davantage profiter avec moins de pression. L'étape du samedi, avec ces paysages multicolores, les traversées de propriétés viticoles, les singletracks de rêve, parfois fluides et faciles, parfois vraiment très rocailleux, aura été un grand souvenir.


Diversité des paysages sud-africains


Ce qui m'a le plus étonnée est que la motivation n'a pas baissé au fur et à mesure des jours, au contraire : on se sent pris dans une routine et on pourrait continuer comme cela encore une semaine, sans problème. Le plus dur pour moi aura été les réveils à 5h, le manque d'appétit le matin... Difficile dans ces moments là de se dire que l'on repart, encore plus de se dire que nous allons viser une performance. Tous les matins, je disais "bon, on a bien roulé hier, aujourd'hui, on la fait tranquille !". Mais une fois le soleil levé et une fois dans la course, toujours bien placés, la motivation était là et finalement, nous n'étions jamais trop sur la réserve.

Aprems décompressions (pour peu que l'on n'arrive pas tard !)


L'organisation était plus que parfaite, jamais nous n'avons eu à nous plaindre ou à râler...pourtant, avec la fatigue, cela aurait pu être facile ! Nous avions tout le confort, malgré le fait de vivre en camp. Nourriture, boissons, endroits à l'ombre pour s'allonger et se reposer, internet, laverie pour le linge, service pour les réparations de matériel, massages, récupération et lavage des vélos par des bénévoles dès notre arrivée...tout était prévu. Les gens étaient toujours prêts à rendre service, toujours avec le sourire et les encouragements...même si l'organisation était très pro et l’événement, un des plus grands pour le VTT, nous n'avons jamais perçu de favoritisme pour les élites. En tant qu'amateur, nous avons été vraiment choyés et pris en compte.

Un de nos camps de base, à Worcester


La question que tout le monde nous aura posé est : comment revenir les pieds sur terre après une telle aventure !? C'est vrai qu'après le passage de la ligne d'arrivée, nous nous mettons en pilote automatique. La fatigue nous tombe dessus et ranger nos affaires et respecter un timing commence à devenir difficile. Nous retrouvons aussi le confort d'un hôtel, la civilisation, les lieux où nous étions 8 jours avant. Puis c'est le départ, le retour en avion, le retour à la maison. Tout paraît étrange, y compris la première fois que nous remontons chez nous sur notre vélo. On a l'impression d'avoir vraiment été ailleurs pendant une dizaine de jours. C'est une parenthèse exceptionnelle qui nous aura marqué.

 
Depuis Table Mountain, au-dessus de Cape Town

Vivre cela à mon âge, en travaillant et pensant petit à petit à d'autres orientations dans ma vie m'aura donné le sentiment d'avoir toujours 20 ans...comme un peu tout ce que je vis à travers le sport d'ailleurs. Cela ouvre l'esprit, agrandit l'horizon et donne plus d'espoir encore pour l'avenir. Ce dont nous avons tous besoin en ces moments où l'ambiance autour de nous est parfois bien morose. Un petit détail qui compte pour pouvoir vivre pleinement une telle expérience, c'est posséder un bon niveau en anglais. Ce qui ne s'apprend pas forcément qu'à l'école, il y a beaucoup de façon ludique d'apprendre, grâce à la télé, internet... J'ai toujours beaucoup apprécié les langues étrangères, sans y trouver toujours l'utilité dans ma vie pendant longtemps, mais pour de telles expériences, c'est un pré-requis !

Nous avons beaucoup communiqué autour de cette aventure, sur les réseaux sociaux en particulier, la course étant vraiment très médiatisée. Jamais je n'avais eu autant de retours émouvants : les amis connectés pendant 6h à suivre notre traking et les live sur internet, les élèves de mes parents qui ont été surpris d'apprendre que leurs profs avaient une fille qui faisait cette aventure, les collègues qui ont appris par cette course qu'ils travaillaient tous les jours avec une sportive, la petite fille de mon cousin qui redemandait à revoir la vidéo de "vélo avec Coralie et les lions", les stewards dans l'avion à notre retour qui nous demandent si on a fait la Cape et nous applaudissent... et j'en passe...

On arrive parfois à vivre des choses que l'on n'aurait pas imaginé ou rêvé en étant plus jeune. Il suffit de laisser la passion nous guider et se donner les moyens de s'investir dans ce qui nous plaît le plus et les choses se construisent petit à petit, au fil des années.

Cet hiver, j'ai un moment douté car l'entraînement était difficile ici, du fait des conditions hivernales. Mais on oublie très vite ces difficultés. Arrivé à Cape Town, c'était déjà du passé et je me disais déjà que ça valait le coup ! Je ne peux que conseiller aux passionnés de VTT et d'aventure de se donner les moyens de participer à cette course qui ne ressemble à aucune autre. Qu'importe les sacrifices, c'est une aventure qui marque et c'est cela qui compte. D'un point de vue purement VTT, j'ai fait les plus beaux parcours de ma vie. Des runs sur des singletracks interminables...incroyables ! Rien que pour cela, je conseille à tout le monde de faire cette course, ou d'aller visiter l'Afrique du sud et les nombreux bike-parks des domaines viticoles autour de Oak Valley, Wellington, Worcester...

 
En pilote automatique :)


Voilà donc deux semaines que nous avons franchi la ligne d'arrivée, la fatigue s'est estompée, mon estomac commence à moins réclamer et petit à petit, je commence à penser à la suite, en ayant repris le sport par de petites séances de natation, VTT, course à pied dès la semaine dernière (j'avais quasiment coupé pendant 8 jours, en ne faisant qu'une petite séance de natation et de la marche pendant cette période).

Le reste de la saison sera d'abord orientée vers du VTT X-country, pour refaire un peu de rythme et passer du temps avec mon club/team de Giromagny, en participant aux manches de coupe de France de St Pompon en Dordogne, puis Plouec-sur-lié en Bretagne en Avril-Mai.

Ensuite, l'objectif sera le XTerra France début Juillet. Je participerais en préparation aussi au triathlon XL (half-ironman) d'Obernai début Juin, ou celui de Belfort...il faut que je me décide vite :)
Je ne ferais sans doute qu'un autre XTerra, celui d'Italie. Au mois d'Août, je participerais probablement à la Trans-Vanoise, la "Transmaurienne" qui émigrera vers la Vanoise, pour refaire une course VTT par étape dans les Alpes.
Puis mon deuxième objectif cette saison sera le triathlon XL de Gerardmer début Septembre. J'aurais un peu de temps ensuite pour m'en remettre et viser le dernier objectif, qui sera le Roc Marathon à VTT.

(note écrite en 2024 : j'ai réalisé mes meilleurs résultats sur toutes ces course : victoire au triathlon XL d'Obernai, 4ème élite au Xterra France, victoire sur la trasmaurienne, 3ème au Roc Marathon)

Bref, un peu plus de VTT que la saison précédente, mais toujours pas mal de triathlon, avec un peu plus de longue distance. L'objectif ne sera pas de courir après des titres cette saison, mais de participer à de belles épreuves, avec si possible un niveau international, et passer de bons moments.
Il est vrai qu'après une si belle expérience et un si beau résultat, la pression retombe un peu, la confiance est un peu plus grande...les conditions cette année semblent bonnes pour vivre une belle saison ! "Fingers crossed", comme ils disent du côté de Cape town !

Merci encore à Jeff pour avoir été le moteur de cette belle expérience, et tous nos partenaires qui nous ont permis d'être au top : OPEN, Kappius Components, Rotor, Hope, Sr Suntour, Veinoplus, Kony, Dulight.fr et les magazines qui nous ont fait confiance pour la rédaction de nos articles, où vous retrouverez certains  articles que je rédige actuellement : Vojo Mag (l'article à lire et regarder absolument), Velo Tout Terrain.
Et tous ceux qui nous aurons encouragés et aidés ! Trop nombreux pour être cités :)

Et en bonus, la vidéo perso souvenir de cette expérience ici : Objectif Cape Epic