lundi 6 avril 2015

Cape Epic : done !

Voilà deux semaines que nous avons franchi la ligne d'arrivée après ces 8 jours de Cape Epic, dans la province du Cap en Afrique du sud. Même si, pour d'autres besoins journalistiques, je ne vais pas publier aujourd'hui ici mes "mémoires" de la Cape, je vais tâcher de faire un petit retour sur cette course par étape, sa dimension et ce qu'elle a été pour moi, tout simplement le meilleur de ce que j'ai pu vivre à VTT jusqu'à maintenant...voire même sportivement.

A l'arrivée, avec la légende Jose Antonio Hermida et Rudy Van Houts

Les faits, pour résumer :

- 8 jours de course,
- 738 kms parcourus d'est en ouest au-dessus de la région du Cap
- 39h45 d'effort pour nous en 8 jours
- 16000m de D+
- 600 équipes engagées, 87% arriveront à terme
- 75 équipes mixtes
- 3 camps établis dans des régions différentes avec 2000 tentes plantées pour les coureurs, médias, organisation
- plusieurs bike-parks parcourus, des singletracks de rêve !

Et pour nous :

 -3ème du classement mixte, derrière les duos Ivonne Kraft - Peter Vesel / Catherine Williamson - Nizaam Esa, des références en terme de course longue distance et habitués de la Cape Epic
- 74 ème au général
- 5 places de 3ème, deux de quatrième, une de cinquième sur les étapes
- Zéro bobo
- Zéro grosse chute, petits chutes bénignes au ralenti pour moi (rouler dans le sable, ça s'apprend !)
- Notre matériel 100% fiable et résistant ! Nous avons eu à déplorer un seul problème mécanique dû à un gros choc pas amorti dans une descente, qui aurait pu nous coûter une très grosse chute. Nous roulions en groupe et malheureusement, la tête du groupe n'a pas prévenu du danger...

Sans oublier beaucoup de "fun" grâce aux gens autour de nous

Cette course à étape se courrait en équipe de deux. Nous l'avons fait en équipe mixte, c'est d'ailleurs mon coéquipier, Jeff, qui est à l'origine de cette aventure. Lui l'avait déjà terminé 5 fois en équipe masculine, avec différents partenaires. Pour cette sixième édition, il souhaitait vivre l'aventure différemment, en compagnie d'une femme, pour être davantage à l'aide de sa coéquipière et voir comment une "Newbie" réagissait par rapport à un tel défi.
Notre sport individualiste a pris une autre dimension pour moi sur cette course grâce à cette formation en duo imposée. Il ne s'agit pas d'arriver en même temps, point. Il s'agit vraiment d'arriver à être plus fort à deux, que l'on soit en bataille pour un podium, ou que l'on soit en grande difficulté, une heure, un jour, ou plusieurs.

Notre duo de choc !


J'ai eu la chance de pouvoir rouler la plupart des étapes en compagnie des équipes filles qui jouaient le podium et ai pu donc apprendre beaucoup de cette course en leur compagnie. Leur rythme m'allait bien, il n'y avait jamais d'à-coup, et c'est vraiment de cette façon que cette course se gère, dès les premiers kilomètres du premier jour. Je connaissais certaines filles du fait de leur palmarès étoffé, avec des titres de championnes du monde, championne olympique, top 5 mondial ou autre. Ce fût pour moi un vrai privilège de pouvoir faire des kilomètres en leur compagnie et surtout, de les voir aussi ouverte et prête à aider leur partenaires, voire même quelqu'un comme moi qui roulait en leur compagnie. J'ai été beaucoup encouragée par Gunn-rita Dahle, notre légende du VTT, et aussi Esther Süss, top 5 mondial en XC Olympique et longue distance, et experte sur cette Cape Epic. Quand quelqu'un comme elle vous encourage et vous laisse passer à l'entame d'une longue descente (sans même rien demander), on se sent vraiment pousser des ailes !
D'autres filles, bien contentes de pouvoir profiter de la roue de mon coéquipier, m'auront aussi  parfois aider en me poussant pour me remettre dans les roues, le genre de comportement que je ne me souviens pas avoir beaucoup vu auparavant.

La ligne d'arrivée de la dernière étape, à Merendal (domaine viticole qui possède un bike-park)



Notre ultime arrivée !



Nous avons tous conscience que notre but, c'est de voir cette ligne d'arrivée au bout des 8 étapes, et que le pire serait de ne pas pouvoir y arriver. Beaucoup de dangers et d'embûches peuvent se trouver sur notre chemin (chute, casse de matériel, maladie) et nous savons que jusqu'au bout, rien n'est fait. Je pense que c'est pour cela aussi que tout le monde s'encourage autant. Voir quelqu'un devoir abandonner ou baisser les bras (rare) nous fait vraiment de la peine. C'est sans doute pour cela aussi que nous sommes tous prêts à nous encourager ou nous entraider. Moi particulièrement par rapport à d'autres féminines, parce que je dois dire qu'à notre niveau de course (entre 50-100 sur 600 équipes)), les hommes auront trop souvent été moins sympathiques avec nous, nous "attaquant" souvent pour nous distancer, ce qui n'était pas forcément la meilleure tactique sur cette course. Nous aurons en tout cas beaucoup ri de toutes les manigances que nous aurons pu voir !



D'un côté plus personnel, cette course fût une révélation pour moi car je n'aurais pas pensé être autant en forme sur ces 8 jours. Je savais que les paramètres étaient bons : j'avais une bonne récupération depuis que je pratique le triathlon, plus de motivation pour le VTT que je pratique un peu moins, un meilleur mental aussi et une meilleure gestion de course grâce au triathlon, qui pour moi est plus exigeant que le VTT. A vélo, on peut toujours lever le pied et prendre un faux-rythme. En triathlon, lorsqu'on termine par de la course à pied, impossible, sinon c'est le risque de flancher et être complètement arrêté. On doit toujours penser à cette course à pied finale et gérer ses efforts en fonction de cela. Du moins, c'est comme cela que je gère mes courses.

Je me sentais donc plutôt confiante, même si le kilométrage me paraissait énorme et que cela me faisait tout de même bien peur. Dès le premier jour, j'ai donc dis à Jeff : on ne parle ni de classement, ni de kilométrage (sauf pour m’annoncer les 10 derniers, à la limite !), pour ne penser qu'à la gestion de l'effort et la régularité, qui pour moi seraient vraiment les éléments à maîtriser pour arriver au bout avec le meilleur classement possible à la clé.
Le fait d'arriver toujours très proches des équipes mixtes en 2ème, 3ème ou 4ème position nous aura tout de même donné un petit stress en plus, qui a été évacué à l'arrivée du "King stage" le vendredi, où les écarts étaient devenus importants entre toutes les équipes et le classement final presque fixé. Cette étape de 117kms aura été vraiment dure, mais la longue ascension difficile dans des paysages magnifiques jusqu'au col pour redescendre ensuite sur Worcester aura été une étape symbolique à nos yeux dans cette semaine. Pour nous, la suite de la course, c'était toujours gérer, mais aussi davantage profiter avec moins de pression. L'étape du samedi, avec ces paysages multicolores, les traversées de propriétés viticoles, les singletracks de rêve, parfois fluides et faciles, parfois vraiment très rocailleux, aura été un grand souvenir.


Diversité des paysages sud-africains


Ce qui m'a le plus étonnée est que la motivation n'a pas baissé au fur et à mesure des jours, au contraire : on se sent pris dans une routine et on pourrait continuer comme cela encore une semaine, sans problème. Le plus dur pour moi aura été les réveils à 5h, le manque d'appétit le matin... Difficile dans ces moments là de se dire que l'on repart, encore plus de se dire que nous allons viser une performance. Tous les matins, je disais "bon, on a bien roulé hier, aujourd'hui, on la fait tranquille !". Mais une fois le soleil levé et une fois dans la course, toujours bien placés, la motivation était là et finalement, nous n'étions jamais trop sur la réserve.

Aprems décompressions (pour peu que l'on n'arrive pas tard !)


L'organisation était plus que parfaite, jamais nous n'avons eu à nous plaindre ou à râler...pourtant, avec la fatigue, cela aurait pu être facile ! Nous avions tout le confort, malgré le fait de vivre en camp. Nourriture, boissons, endroits à l'ombre pour s'allonger et se reposer, internet, laverie pour le linge, service pour les réparations de matériel, massages, récupération et lavage des vélos par des bénévoles dès notre arrivée...tout était prévu. Les gens étaient toujours prêts à rendre service, toujours avec le sourire et les encouragements...même si l'organisation était très pro et l’événement, un des plus grands pour le VTT, nous n'avons jamais perçu de favoritisme pour les élites. En tant qu'amateur, nous avons été vraiment choyés et pris en compte.

Un de nos camps de base, à Worcester


La question que tout le monde nous aura posé est : comment revenir les pieds sur terre après une telle aventure !? C'est vrai qu'après le passage de la ligne d'arrivée, nous nous mettons en pilote automatique. La fatigue nous tombe dessus et ranger nos affaires et respecter un timing commence à devenir difficile. Nous retrouvons aussi le confort d'un hôtel, la civilisation, les lieux où nous étions 8 jours avant. Puis c'est le départ, le retour en avion, le retour à la maison. Tout paraît étrange, y compris la première fois que nous remontons chez nous sur notre vélo. On a l'impression d'avoir vraiment été ailleurs pendant une dizaine de jours. C'est une parenthèse exceptionnelle qui nous aura marqué.

 
Depuis Table Mountain, au-dessus de Cape Town

Vivre cela à mon âge, en travaillant et pensant petit à petit à d'autres orientations dans ma vie m'aura donné le sentiment d'avoir toujours 20 ans...comme un peu tout ce que je vis à travers le sport d'ailleurs. Cela ouvre l'esprit, agrandit l'horizon et donne plus d'espoir encore pour l'avenir. Ce dont nous avons tous besoin en ces moments où l'ambiance autour de nous est parfois bien morose. Un petit détail qui compte pour pouvoir vivre pleinement une telle expérience, c'est posséder un bon niveau en anglais. Ce qui ne s'apprend pas forcément qu'à l'école, il y a beaucoup de façon ludique d'apprendre, grâce à la télé, internet... J'ai toujours beaucoup apprécié les langues étrangères, sans y trouver toujours l'utilité dans ma vie pendant longtemps, mais pour de telles expériences, c'est un pré-requis !

Nous avons beaucoup communiqué autour de cette aventure, sur les réseaux sociaux en particulier, la course étant vraiment très médiatisée. Jamais je n'avais eu autant de retours émouvants : les amis connectés pendant 6h à suivre notre traking et les live sur internet, les élèves de mes parents qui ont été surpris d'apprendre que leurs profs avaient une fille qui faisait cette aventure, les collègues qui ont appris par cette course qu'ils travaillaient tous les jours avec une sportive, la petite fille de mon cousin qui redemandait à revoir la vidéo de "vélo avec Coralie et les lions", les stewards dans l'avion à notre retour qui nous demandent si on a fait la Cape et nous applaudissent... et j'en passe...

On arrive parfois à vivre des choses que l'on n'aurait pas imaginé ou rêvé en étant plus jeune. Il suffit de laisser la passion nous guider et se donner les moyens de s'investir dans ce qui nous plaît le plus et les choses se construisent petit à petit, au fil des années.

Cet hiver, j'ai un moment douté car l'entraînement était difficile ici, du fait des conditions hivernales. Mais on oublie très vite ces difficultés. Arrivé à Cape Town, c'était déjà du passé et je me disais déjà que ça valait le coup ! Je ne peux que conseiller aux passionnés de VTT et d'aventure de se donner les moyens de participer à cette course qui ne ressemble à aucune autre. Qu'importe les sacrifices, c'est une aventure qui marque et c'est cela qui compte. D'un point de vue purement VTT, j'ai fait les plus beaux parcours de ma vie. Des runs sur des singletracks interminables...incroyables ! Rien que pour cela, je conseille à tout le monde de faire cette course, ou d'aller visiter l'Afrique du sud et les nombreux bike-parks des domaines viticoles autour de Oak Valley, Wellington, Worcester...

 
En pilote automatique :)


Voilà donc deux semaines que nous avons franchi la ligne d'arrivée, la fatigue s'est estompée, mon estomac commence à moins réclamer et petit à petit, je commence à penser à la suite, en ayant repris le sport par de petites séances de natation, VTT, course à pied dès la semaine dernière (j'avais quasiment coupé pendant 8 jours, en ne faisant qu'une petite séance de natation et de la marche pendant cette période).

Le reste de la saison sera d'abord orientée vers du VTT X-country, pour refaire un peu de rythme et passer du temps avec mon club/team de Giromagny, en participant aux manches de coupe de France de St Pompon en Dordogne, puis Plouec-sur-lié en Bretagne en Avril-Mai.

Ensuite, l'objectif sera le XTerra France début Juillet. Je participerais en préparation aussi au triathlon XL (half-ironman) d'Obernai début Juin, ou celui de Belfort...il faut que je me décide vite :)
Je ne ferais sans doute qu'un autre XTerra, celui d'Italie. Au mois d'Août, je participerais probablement à la Trans-Vanoise, la "Transmaurienne" qui émigrera vers la Vanoise, pour refaire une course VTT par étape dans les Alpes.
Puis mon deuxième objectif cette saison sera le triathlon XL de Gerardmer début Septembre. J'aurais un peu de temps ensuite pour m'en remettre et viser le dernier objectif, qui sera le Roc Marathon à VTT.

(note écrite en 2024 : j'ai réalisé mes meilleurs résultats sur toutes ces course : victoire au triathlon XL d'Obernai, 4ème élite au Xterra France, victoire sur la trasmaurienne, 3ème au Roc Marathon)

Bref, un peu plus de VTT que la saison précédente, mais toujours pas mal de triathlon, avec un peu plus de longue distance. L'objectif ne sera pas de courir après des titres cette saison, mais de participer à de belles épreuves, avec si possible un niveau international, et passer de bons moments.
Il est vrai qu'après une si belle expérience et un si beau résultat, la pression retombe un peu, la confiance est un peu plus grande...les conditions cette année semblent bonnes pour vivre une belle saison ! "Fingers crossed", comme ils disent du côté de Cape town !

Merci encore à Jeff pour avoir été le moteur de cette belle expérience, et tous nos partenaires qui nous ont permis d'être au top : OPEN, Kappius Components, Rotor, Hope, Sr Suntour, Veinoplus, Kony, Dulight.fr et les magazines qui nous ont fait confiance pour la rédaction de nos articles, où vous retrouverez certains  articles que je rédige actuellement : Vojo Mag (l'article à lire et regarder absolument), Velo Tout Terrain.
Et tous ceux qui nous aurons encouragés et aidés ! Trop nombreux pour être cités :)

Et en bonus, la vidéo perso souvenir de cette expérience ici : Objectif Cape Epic






















samedi 7 mars 2015

Cap sur la Cape : S-1 !

A une semaine du départ de la Cape Epic, on peut dire que les jeux sont faits !

Le mois de Février aura été plus difficile que ce que j'aurais espéré : une météo bien hivernale, qui m'aura contrainte à laisser le VTT au garage trop souvent. J'ai plutôt privilégié le vélo de route et les sorties avec mon club de l'US Giromagny VTT. Nous avons conclu cette préparation par un petit stage de 4 jours en Provence, à Fontaine-de-Vaucluse, où j'ai pu réassimiler le rythme "dodo-repas-vélo" qui sera le nôtre pendant ces 8 jours de course. Réapprendre aussi à retrouver ses bons réflexes en terme de récupération, car après la course, tout doit être bien organisé : nutrition, hydratation, récupération, entretien du vélo si nécessaire, préparation des affaires...
Et pour finir, profiter de l'excellente ambiance dans notre club, où jeunes et moins jeunes arrivent toujours à passer de bons moments ensemble. Il faut dire que les "vieux" (dont je fais déjà partie...) ne sont pas toujours les plus sérieux :)

Sur les routes provençales


4 jours qui m'auront fait le plus grand bien et permis de tourner la page définitivement après une période de 3 semaine plus compliquée, la grippe s'étant invitée chez nous en ce début Février. Même si, pour une personne non sportive, on aurait pu dire que mon rétablissement a été rapide, pour une sportive, j'aurais pu constater les dégâts causés par le virus : cardio bloqué, jambes dures, fatigue dès que le cardio passait en zone endurance critique... Tout cela en ayant bien respecté le délai de 8 jours sans effort intensif et m'étant bien reposée, et en étant en forme avant cet épisode.

Cela m'aura sans doute permis de ne pas trop m'user à l'entrainement dans des conditions difficiles. Au final, je constate que même si je ne suis pas au top de ma forme en saison, les paramètres ne sont pas si mauvais et la récupération est bonne. Le cardio a encore un peu de mal parfois à réagir aux intensités courtes, mais une fois débloqué, tout est bon. C'est certain, il faudra vraiment rester sur la réserve les premières étapes de cette longue course.
Pour ma préparation, j'aurais toujours continué un entraînement croisé : natation, course à pied/trail, vélo, Préparation Physique Générale. Ne faire que du vélo ne me correspond décidément plus, la lassitude arrivant rapidement, surtout avec les conditions difficiles, et la forme étant tout de même là. J'aurais juste réduit à une séance par semaine la natation et la course à pied (au lieu de 2).

Les premières sorties avec mon nouveau VTT m'ont aussi redonné le moral et la motivation ! J'ai rarement roulé sur une monture aussi performante et plaisante. Ma monture compense aussi largement, par son poids et son rendement, les quelques centaines de grammes qu'il aura fallu garder sur moi en prévision d'une semaine où beaucoup de calories seront dépensées sans être compensées :)

Ma nouvelle monture, grâce à nos partenaires, basée sur un cadre Open, des roues Kappius, fourche Sr-Suntour, composants Rotor, Hope, McFk


Pour suivre notre aventure, nous posterons régulièrement sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/CapeEpic2015frenchMixedTeam?fref=ts

Et pour ceux qui veulent encore plus nous soutenir et nous permettre d'appuyer encore un peu plus fort sur les pédales, nous avons mis en place un petit projet de financement participatif sur le site de Sponsorise.me.
Cette opération nous permettra bien entendu de boucler notre budget, mais elle a avant tout été faite avec l'idée de partager.
Ayant été déjà contributrice d'autres projets de ce type, je trouve cela beaucoup moins simple d'être porteur d'un tel projet. Nous nous devons d'être à la hauteur de l'aide qui nous sera apporté, par nos contributions, mais aussi beaucoup par notre sérieux et engagement lors de cette course. J'apprécie ce principe appliqué dans le cadre d'un projet comme une première participation (pour moi) à la Cape Epic.

Lien vers notre projet de financement participatif : http://www.sponsorise.me/projet-cape-epic


Et pour finir, vous pourrez aussi lire l'article du test longue durée de ma monture VTT 2014 sur le numéro de Velovert de ce mois-ci.

Test du Scott Scale Contessa, ma monture en 2014, dans le numéro de mars de Velovert Magazine

Pas de test longue durée cette saison, du fait de l'arrivée de nouveaux partenaires avec le projet Cape Epic en particulier. Le besoin de réduire aussi un peu mes activités cette année, la rédaction d'article nécessitant du temps et du sérieux, pour les tests, les photos, la rédaction.
J'en profite pour remercier Velovert pour les 8 saisons où ces tests auront été faits, la confiance qui m'a été accordée dans les choix et la rédaction des articles.

Même si je suis moins "matos" que mon compagnon, j'aurais appris beaucoup en rédigeant mes articles et toujours eu de la satisfaction une fois le travail terminé et publié !
Merci à toutes les marques qui auront joué le jeu : dans l'ordre, Specialized, Cube, Merida, Titus, Haibike, Focus, Scott (x2), Rose
Rendez-vous sans doute plus tard, sur le site ou dans le magazine, pour d'autres publications de temps à autre !


A bientôt à quelques milliers de kilomètres de notre métropole !




samedi 10 janvier 2015

2015, nouvel élan, nouveaux projets


Après une fin d'année bien occupée par travaux et déménagement, la page 2014 est tournée et cette nouvelle année pleine de projets sportifs peut commencer.

Tout d'abord, une excellente année à tous les lecteurs de ce blog, passionnés de triathlon, VTT, ou juste supporters. Je vous souhaite à tous une bonne santé avant tout, de beaux projets à réaliser, et plein de bons moments sportifs, en famille, entre amis. Que la chance vous accompagne aussi tous les jours de cette nouvelle année.

En ce début d'année, il est parfois difficile de se réjouir lorsque l'on voit les événements autour de nous...mais l'élan de solidarité qui en découle, largement renforcé par la voie du net, doit nous redonner espoir sur notre capacité à rebondir, tous ensemble.




L'année 2014 aura été marquée pour moi d’événements qui nous rappellent combien la vie est fragile et parfois injuste, plus que jamais.
Je pense en particulier à celles qui partagent la même passion que moi pour le VTT, et qui l'auront payé cher l'an passé. Jamais auparavant notre sport aura été marqué par tant de tristes événements.
Même si la vie ne m'a pas non plus épargnée l'été dernier, qu'il y a eu un petit temps d'arrêt avant de se relever et aller de l'avant, je ne peux pas me plaindre : j'ai pu continuer ma vie comme avant, plus forte sans doute même, malgré les petits nuages gris qui certains jours ont pris la place dans un ciel qui était bien bleu.

Tout cela ne doit pas nous arrêter, mais nous donner encore plus l'envie de combattre le fatalisme. Pour moi, cette nouvelle année est du coup l'occasion de donner encore plus d'élan à des projets que je n'aurais peut-être pas mis en place auparavant.

A commencer par ma participation en Mars à La Cape Epic, le "tour de France" VTT qui a lieu chaque année depuis plus de 10 ans en Afrique du Sud, dans la région du Cape. 750km, 8 étapes durant 7 jours, 16000m de D+. Attirant chaque année de nombreux professionnels de la discipline, la course est aussi ouverte aux amateurs, mais les places sont chers.

Jeff, mon coéquipier à l'origine de ce projet d'équipe mixte, et moi-même courrons en équipe "média" afin de relayer les informations à la presse VTT francophone.
Jeff est 5 fois finishers de cette course et pour lui, cela sera une première de courir en équipe mixte. Je le remercie pour m'avoir proposé ce projet et pour tout les efforts en terme d'organisation et de recherche de sponsors que cela incombe.

Image Cape Epic - VojoMag
Le parcours 2015 - Image : Cape Epic

Image Cape Epic - BikeMagic
Jeff (à droite) et son coéquipier Will lors de la Cape Epic 2014 - Image Cape Epic

Pour moi, cela sera un grand défi avant tout, car je sais que les difficultés seront nombreuses, surtout pour une première course en début de saison. Je n'aurais sans doute pas entrepris ce projet il y a quelques années, par crainte de ne pas avoir le mental et le physique au niveau. Depuis que je pratique le triathlon, je me sens plus forte physiquement et mentalement, et surtout, je pense que je récupère beaucoup mieux de mes efforts. Je me sens donc davantage prête pour cette expérience.
Au-delà de ce défi, cette aventure sera aussi l'occasion de vivre une semaine intense dans ce qui me plaît le plus dans ma vie : le VTT, les grands espaces, les rencontres et le partage avec des gens venus des quatre coins de la planète. N'ayant jamais voyagé aussi loin et avec mon vélo, il y aura beaucoup de nouveauté au programme.

Pour plus d'informations sur la course, vous pouvez lire l'article sur l'annonce de l'édition 2015 sur le magazine VTT en ligne VojoMag : http://www.vojomag.com/cape-epic-en-route-vers-2015/

Des nouveaux partenaires nous accompagneront pour ce projet, et pour le reste de la saison pour certains, et je les remercie d'avance pour ce soutien.
A VTT, je roulerais sur un montage basé sur un cadre Open, des composants Rotor, une fourche Sr-SunTour et des roues Kappius, pour citer nos partenaires.

Le reste de la saison oscillera entre triathlon, cross-triathlon et VTT, avec quelques participations à des coupes de France VTT XC en compagnie du team VTT Giromagny.
Les principaux objectifs seront :
- le championnat de France cross-triathlon en Mai
- le XTerra France en Juillet
- le triathlon XL de Gerardmer
- le championnat de France Groupe d'âge en Septembre.

Le reste du calendrier n'est pas encore tout à fait fixe mais l'objectif de cette saison sera avant tout de participer à de belles épreuves, où je trouverais de la concurrence de bon niveau, et qui me permettront de vivre de bons moments.

En attendant, j'ai repris l'entraînement en décembre et ai trouvé la motivation pour rouler et courir dans toutes les conditions. Et quand il fait vraiment trop mauvais, il reste la natation. "Entraînement dur, course facile !".

Ma bonne résolution pour le blog sera d'écrire moins, en français, mais proposer une petite traduction en anglais, notamment pour ce projet Cape Epic, tus ceux qui nous aideront et le suivront.

Bonne année 2015 à tous !


The end of 2014 has been full of works, and completed by the move to a brand new house. We can now turn a new page to 2015, with lots of new sportive aims.

Firstly, I wish all of this blog readers a happy new year : a strong health, a lot of projects to achieve, a lot of good moments with friend, family and through sport. May chance be with you every day of this new year.
On the beginning of this new year, it is sometimes difficult to keep hopeful watching all the bad events around us, but the rush of solidarity, widely strengthened by the web, must help us keep believing. 
2014 has been a year that reminded me more than ever how life is fragile and sometimes unfair. I think especially about some mountain bike riders who paid too much for their passion for our sport. 
Life didn't spare me too last summer, but I can't complain : I have been able to go on living my life as before, even a little bit stronger and it gave me more energy to build new projects.

To begin with, the Cape Epic on March in RSA. Known as the "MTB - Tour de France", this event takes place every year since 2004 around Cape town for 750 km ride, 16000m climb, during 8 days. Many profesionnal riders attend this race every year, and lucky amateur riders can also try. 

Jeff, my team-mate, and myself, will ride as "media team", since we will write articles for french MTB magazines. Jeff is a 5 times finisher of this race and he will ride for the first time in the mixte category. I really thank him for his proposition to ride together this Cape Epic, and for all the work it demands to organize our trip and find sponsors.

It will be a great challenge for me, for I know that there will be a lot of difficulties, even more since it will be the very beginning of the season for me. Nevertheless, I feel stronger since I've been racing triathlon, both physicaly and mentaly, and my recovery is better. That's why I'm feeling more prepared than before for this adventure.
Beyond this challenge, this adventure will also be a good opportunity to live an intense week with what I enjoy the most in life : MTB, great landscapes, meeting  people from all around the world and sharing with them great moments.

New sponsors will help us through this project and for the rest of my season for some of them. I really thank them for their support.
My mountain bike will be based on an OPEN frame, with ROTOR gears, a SR-Suntour fork and Kappius wheels.

The rest of the season, I will ride tritahlon, cross-triathlon and MTB XC races with Giromagny MTB team. My main goals will be : 
- french cross triathlon championship
- XTerra France
- Gerardmer XL Triathlon 
- french age group triathlon championship. 
Other participations are not set yet, but I will focus on great events, high competitions, which will enable us to live good moments.

I train again since beginning of December, despite wet and cold conditions. Whenever it's too hard, I still can swim.  "Hard training, easy race !"

Here was my first article writen in english, I hope it was not too bad and that many new non french-speakers will enjoy it, moreover through the preparation of this Cape Epic project.

Happy 2015 to everyone !

Image Cape Epic

samedi 11 octobre 2014

Cerise sur le gâteau : vice-championne de France de VTT XC Marathon !

Voilà une saison qui se termine d'une façon inattendue, avec une nouvelle médaille d'argent à VTT, en cross-country marathon !
C'était dimanche dernier, à Ornans dans le Doubs, dans ma région, sur l'Xtrem-sur-Loue, événement qui aura été le fil rouge de ma carrière de VTTiste, puisque j'ai commencé par y accompagner mon ami, puis faire les randonnées, puis les courses qui sont montées jusqu'au rang de championnat du monde de VTT Marathon en 2012, où j'avais terminée 20ème grâce à des conditions dantesques qui m'allaient bien !

J'avais déjà été vice-championne de France XC Marathon en 2011, mais je m'étais vraiment focalisée sur cet objectif à l'époque. Le devenir à nouveau alors que je n'imaginais même pas être sur le podium avant la course, ça a été magique... La preuve que ma ré-orientation vers le triathlon était ce qu'il me fallait, et qu'elle m'a été bénéfique pour pouvoir profiter mieux du VTT, le sport que je continue d'affectionner le plus pour son côté ludique, le pilotage et le côté technique, et le cadre vert de sa pratique. Si je fais moins de VTT, j'en profite à chaque fois que j'en fais, contrairement à avant, où j'arrivais toujours à un moment de saturation dans ma saison.
Le fait de faire du triathlon, sans doute grâce à la course à pied, m'a aussi permis de perdre pas loin de 2kg...ce que je n'avais jamais réussi à faire durant ma période cycliste, malgré l'envie. Il y avait toujours de la frustration et des prises de tête, et je restais toujours au même poids. Grâce au triathlon, sans même y penser, et juste en faisant un peu plus attention à écouter ma faim et donc ne plus ressortir des repas avec le ventre lourd, j'y suis arrivée. C'est clairement aussi cela qui m'a aidé à tous ces beaux résultats. Je mange de tout (dans ce qu'il me plaît de manger...donc pas trop de sucré tout de même), je ne me prive de rien, il y a toujours du beurre sur mes tartines le matin, et ça marche tout de même !

Il m'aura fallu tout de même passer des années à rouler à VTT pour me sentir à l'aise techniquement et atteindre un bon niveau. Mais le fait de passer à un entraînement croisé, avec natation et course à pied, voir musculation, m'a permis de conserver toutes ces qualités, la motivation et l'énergie préservée en plus.

Podium avec Margot Moschetti et Hélène Marcouyre - Photo Frederic Machabert - Nordic Magazine


Ce championnat de France XC Marathon, qui était aussi une manche de World Series, aura été une course vraiment plaisante. Je n'ai quasiment jamais été seule, les places n'étaient jamais figées. Le beau temps était de la partie, les paysages toujours aussi saisissant lorsqu'on atteignait les plateaux, avec de l'autre côté de la valllée, là-où nous nous trouvions moins d'une heure avant. Des secteurs roulants, des descentes techniques et parfois bien engagées.
Ma dernière course VTT remontait au XTerra France. Même si j'ai roulé à VTT depuis, j'ai aussi fait beaucoup de route, ce qui m'a donné plus de puissance, mais m'a fait vraiment parfois détester tous ces cailloux parfois glissants, et les terrains défoncés !



Avec Danièle Troesch, la marathonienne, lors de notre journée reco de l'XTrem-sur-Loue cette année, à l'initiative des organisateurs - Photos XTrem-sur-Loue


J'ai pu accrocher le top 5 dès le début, me fiant à mes sensations, et au rythme de Hélène Marcouyre que je savais prête pour la course. Margot Moschetti (vice championne du monde espoir en XC Olympique) a rapidement pris les devants, mais nous avons réussi à la reprendre dans la première longue descente, plus à l'aise qu'elle qui découvrait ce parcours.
J'ai ensuite laissé Hélène et l'autrichienne qui a terminé seconde de cette course rouler ensemble un peu devant moi, afin de moins subir la pression, les a-coups et gérer mon rythme.
Je croise à un moment mon accompagnateur pour le ravitaillement, qui s'était proposé de lui-même et connaissait bien l'épreuve, les points de ravitaillement et que nous avions à nouveau brieffé avant course. Il me tend un bidon à un endroit hors-ravitaillement. J'hallucine mais reste calme, je lui demande simplement si il a le droit de me ravitailler ici, ce à quoi il me répond "Ah? Je sais pas". "Eh ben non... Bon, je suis bientôt à sec, il faut que tu essaie d'être au ravitaillement où je t'avais dit d'aller". Je ne comprends vraiment pas ce qu'il se passe, où il pouvait bien avoir la tête en passant devant le ravito où il devait s'arrêter sans y aller, pour plutôt venir admirer la vue au sommet alors que j'ai vraiment besoin de soutien en ce jour où tout va bien.
Bien sûr, il n'aura pas le temps d'y aller, et personne ne me tendra un bidon pour me dépanner.
Je garde mon calme, mais il faut croire que cela m'énerve tout de même, car j'arrive à revenir sur les deux filles devant moi dans l'ascension suivante, puis à reprendre petit à petit les devants, pour pointer en 2ème position de la course au ravitaillement suivant.
Je n'ai pas pu boire, et donc pas pu m'alimenter, au risque de faire une hypo réactionnelle.
Cette fois, le papa de Fanny Bourdon me propose de l'aide, et mon accompagnateur est là pour me ravitailler. Petit à petit, je sens que je paye le manque d'alimentation d'avant, dans cette remontée qui est la plus difficile au mental.
Les hommes commencent à revenir sur nous, ils roulent à une vitesse hallucinante, ce qui n'arrange rien au moral. Un moment, je bute sur des cailloux en montée, pose le pied et crie un bon coup "Pu*****, il m'éneeeerve !!!!". C'est dit, c'est fait...je repars en serrant les dents et aperçois petit à petit le bout de ce fond de vallon, dernière ascension de cette course. Toujours 3ème et 2ème française, j'entame les kilomètres sur le plateau en étant un peu mieux, et attend la dernière longue descente de 7km avec impatience.
Je me fais alors reprendre par une fille que je n'avais jamais vue de la course et peine à m'accrocher. Dans la descente qui suivra, je fais un maximum d'effort pour rester concentrée pour conserver une bonne vitesse, toujours relancer et éviter les cailloux qui pourront provoquer une crevaison.

Arrivé à Ornans, je peux y croire, un grand sourire s'affiche sur mon visage jusqu'à la ligne d'arrivée, où tout le monde se rue sur moi : journalistes, les organisateurs que je commence à bien connaître... Un grand moment. Dommage que je ne sois qu'à 17 secondes de cette troisième place en World Series...



La saison se termine ainsi, sur cette note plus que positive, ce qui peut me permettre d'envisager mieux un automne un peu moins sportif, et penser déjà à la saison prochaine, où je vais à nouveau jongler entre quelques courses VTT en début de saison, des triathlons sur route sur de beaux événements, quelques XTerras que j'aurais bien choisi cette fois, pour m'éviter la grosse déception que j'ai eu en Espagne.

Un remerciement tout spécial à Scott France qui m'aura prêté mon VTT (un Scale Contessa) cette saison, pour un test longue durée pour le magazine Velovert, test qui devrait paraître dans le prochain numéro du magazine !

Un grand remerciement à tous ceux qui m'auront encouragée toute cette saison. J'espère en retour avoir transmis l'envie de se donner les moyens de croire en ses projets, ses rêves, et quelques éléments dans la gestion de la préparation ou de la course pour y arriver.
Je suis comme beaucoup d'athlètes de plus de 30 ans, avec un travail parfois bien prenant, un quotidien à gérer, et même si j'ai une vie bien différente des collègues que je peux croiser tous les jours - pas encore d'enfants, peu de sorties ciné, resto, magasins, je ne connais rien aux dernières séries télé, parfois j'ai du mal à être au courant des dernières actualités - je vis tout cela très bien, même si quand j'ai l'occasion de profiter de ou cela, j'y prend un grand plaisir.

Sortez, donnez-vous des objectifs, allez à la rencontre des autres durant votre temps libre...vous construirez beaucoup de choses avec le temps, plus que vous ne pourriez penser, et contribuerez à une meilleure société. 
Pour ma part, le sport m'a vraiment permis de ne pas partir dans une spirale négative après la dure expérience vécue cet été. Je peux maintenant vraiment en parler avec beaucoup de recul, comme si cela était arrivé à un voisin. Le sport de compétition nous permet de nous transporter pour un moment dans une autre réalité...comme dirait Killian Jornet, une course, c'est comme une vie...à l'arrivée, on vit une "petite mort". Et mine de rien, tout cela nous fait vivre beaucoup de choses dans un temps très concentré.

Et comme dirait aussi Killian, le sport de compétition nous apprend à toujours regarder devant...car cela ne sert à rien de penser à ce qu'il s'est passé, puisqu'on ne le revivra pas et ne pourrons pas le refaire.
Si vous n'avez pas lu ses bouquins, je vous les conseille pour tous ces enseignements :)

Bonne fin de saison à tous !







vendredi 3 octobre 2014

Triathlon de Nice : du bon et du moins bon !

Clap de fin de cette saison (de triathlon) lors du triathlon de Nice, support du championnat de France Groupe d'Age. Mon tout premier !
J'avais décidé de terminer la saison sur ce bel événement au soleil afin de pouvoir juger de mon niveau en fin de saison sur triathlon classique. C'était donc un des objectifs de ma saison, celui que j'avais en vue depuis ma reprise en Août. Les fins de saison me réussissent toujours bien normalement, du fait de la coupure estivale, et des bénéfices d'une saison d'entraînement.

Début Septembre, à Gerardmer, je m'étais déjà bien rassurée et j'avais pu rectifier le tir pour les trois dernières semaines de préparation. Même si je m'entraîne moins qu'avant à vélo, je garde un bon niveau, en tout cas suffisant pour toujours revenir vers l'avant de course. J'ai donc décidé pour ce dernier objectif de garder le vélo essentiellement pour faire de l'endurance, et m'aider à préparer et vider les réserves avant course.

La course à pied était encore un peu dure à Gerardmer, il m'a fallu vraiment batailler pour faire un bon temps. Il me restait encore un peu de boulot, sur la technique, la vitesse, et le mental tout simplement : plus on s'entraîne, plus ça paraît facile en course, en grande partie dans la tête.
Si je me sentais globalement plus à l'aise en natation en piscine, et que petit à petit, les distances me paraissent plus courtes, les séries moins difficiles, et qu'à quelques jours de la course, mes chronos étaient au meilleur de ce que j'ai pu faire cette saison, reste que nager en course en mer est vraiment différent. Je pense que j'ai beaucoup à travailler techniquement, sur l'orientation, la tactique, les changements de rythme pour suivre les bonnes personnes, prendre des départs plus rapides etc... Je compte bien profiter de cet hiver pour bien "poser ma nage" en piscine, et mieux travailler tous les aspects que j'ai cité en entraînement en lac l'an prochain.

Nous avons fait le déplacement avec David dans le sud pour aussi profiter de quelques jours de détentes. Nous arrivons dans la dernière ligne droite dans la construction de notre maison et David est déjà la tête dans le guidon...ou plutôt, dans le carrelage en ce moment. J'essaie de l'aider au mieux, malgré le travail, les entraînements, les courses qu'il m'a encouragé à faire en cette fin de saison. Pour cette raison, il est grand temps que la saison se termine !

Malheureusement, ce déplacement n'aura pas été des plus reposants. Il aura été un peu à l'image de cette année, entre périodes de réussite, bons moments, détente et joie, et des périodes de mauvaises nouvelles, événements difficiles, stress et fatigue. La première année aussi chargée émotionnellement pour nous depuis nos presque 15 ans de vie à deux, et un peu plus de 10 ans de vie sportive. 
Le cadre urbain n'est pas vraiment notre tasse de thé, nous qui apprécions le calme, les grands espaces, la nature. Passé le massif de l'Esterel sur l'autoroute, c'est un peu la déconvenue pour nous : on va passer tous ces jours vraiment en ville en fait ! Nous arrivons à nous trouver une petite plage sympa dans le coin, avec les souvenirs que j'avais de ce coin où j'ai vécu 4 ans en étant enfant. De quoi apprécier le bonheur de nager en mer pour une petite session natation.

Le samedi, opération récupération du paquetage coureur, course à pied sur la promenade des anglais, repérage du circuit vélo, et décompression à Menton, pour trouver un peu de calme, un joli coin, une plage sympa...un vrai air de vacances !
Sauf qu'aller en bord de mer à Nice avec notre véhicule, un beau samedi où il y a d'autres manifestations encore que le triathlon s'est révélé une grosse galère. Impossible de nous garer en ville, bouchons, personnes roulant comme dans une grande ville...au secours ! J'ai fini par aller chercher mon paquetage en courant et zou !
Le reste de la journée fût plus sympa, nous avons trouvé notre coin pour manger, notre plage pour la farniente, et repéré le parcours vélo, qui rien que pour la descente très technique, valait le coup d'être repérée en voiture.

Paysage depuis notre parcours vélo, autour d'Eze


Levée à 5h du mat', nous arrivons cette fois à trouver une place à 3km du site, le long de la promenade des anglais. Nous préparons nos affaires, et David n'étant pas tout à fait prêt, je dois le laisser pour me diriger vers le site de la course.

Je ne le retrouve pas avant le départ : trop de monde, toilettes bondés, personnes de l'organisation par forcément au courant d'où et comment se passe le départ des dames...j'arrive du coup à en catastrophe au départ, n'ayant même pas pu m'échauffer : une première pour moi, ce que je voulais vraiment éviter pour cette course.

Là, je croise une connaissance qui me dit "Ah, c'est toi ? Mais t'es au courant pour ton copain ? Il s'est fait voler son vélo !!!". A deux minutes du départ, m'apprendre une telle mauvaise nouvelle, à part pour sortir de la course, je ne vois pas l’intérêt. Je m'imagine le pire, sachant que nous sommes super vigilants par rapport à nos vélos, et que nous n'avons pensé qu'à leur sécurité depuis notre arrivée dans le coin. Heureusement, j’aperçois David, qui fait comme si rien ne s'était passé...dégoûté d'apprendre ensuite qu'on venait de m'en informer. Je suis alors écœurée de cette mauvaise tournure qu'a pris notre venue ici. Il était 7h30 du matin, le voleur nous avait repéré à notre véhicule, personne n'était autour de nous. Il aura attendu que David tourne le dos pour prendre son VTT de compétition. Pour se lever tôt et voler, ces fainéants ne manquent pas de courage. C'est un véritable fléau sur nos événements, et malheureusement, rien n'est pas fait pour coincer ces voleurs, qui seraient pourtant si faciles à repérer et piéger...

J'arrive à retrouver un peu mon calme durant la minute de silence faite pour l'otage français tué en Algérie, qui habitait Nice justement. Un moment émouvant : plus de 2000 personnes sont là, face à la mer, on n'entend plus un bruit, juste les vagues qui s'échouent sur la plage. Comme pour nous rappeler que nous sommes peu de choses par rapport à la nature et le temps qui passe...que toutes ces violences que nous nous faisons subir entre nous tous les jours sont bien vaines par rapport à tout cela...


Minute de silence - Photo Patricia Boukoum

Le départ est donné et j'ai la chance de pouvoir être à côté de Jeanne Collonge - grande championne de triathlon longue distance - et nager quelques instants dans sa vague, avant de m'orienter un peu différemment, malgré moi. Nous n'effectuons qu'une boucle pour ces 1500m, autant dire que les bouées sont espacées, la possibilité de mal s'orienter encore plus grande. C'est vraiment un régal de nager dans la mer comme cela, de bon matin, je profite un maximum de ce moment.
Les filles au départ - Photo Patricia Boukoum

Photo Patricia Boukoum

Photo Patricia Boukoum

J'entame le vélo avec des sensations moyennes, des jambes un peu dures, surtout en montée. Quand les jambes tournent, dans la tête, ça tourne aussi. Et le scénario du jour est tout trouvé : le vol du vélo de David ! Je ne peux m'empêcher d'y penser, même si j'essaie de rester concentrée, je profite peu de ces moments. Il n'y a que la vue sur la mer tout en haut, et la descente technique où j'ai décidé de gagner un maximum de temps, qui resteront un bon souvenir. Arrivé à Nice, le parcours se fait plus roulant, avec de belles longues lignes droites, là-dessus, je ne profite pas d'un gros avantage, mais je réussis à maintenir ma place.

J'arrive au parc à vélo sans trop savoir à quelle place je suis. Sachant que les spectateurs ne comptent en général pas au-delà de 5, et que l'on ne m'a rien dit jusqu'alors, c'est plutôt mauvais signe. C'est alors que j'entend le speaker évoquer des noms de filles, et le mien en 3ème position ! Wouhou ! J'entame la remontée du parc à vélo, divisé en 3 rangées pour 1800 participants. Je remonte mais à un moment, je me vois arriver vers le bout, sans avoir trouvé mon numéro, et commence à douter : j'entame un demi-tour, non, re demi-tour quand je vois les filles arriver derrière. On se perd un peu toutes, mais on y arrive. Quel amateurisme...cela ne m'était jamais arrivé !

Je sors donc 5ème du parc à vélo, j'entame la course à pied, les sensations sont bonnes mais je tâche de ne pas partir trop vite. Je me fais distancer, commence petit à petit à penser à la monotonie de cette course à pied en deux boucles, même si je me sens bien. A l'entame du deuxième tour, je vois que je ne me suis pas fait beaucoup distancer. J'envisage de mettre un peu plus de rythme dans les 3 derniers kilomètres, après le demi-tour...histoire de ne pas trop faire peur devant. J'y arrive plutôt bien et j'attend les 400 derniers mètres pour vraiment tout donner et terminer au sprint. Manque de chance, on prévient ma concurrente de mon retour, ça n'est donc pas possible de revenir. Je termine donc 5ème dame, pas déçue tout de même, bien que je termine du coup à 7'' du titre dans ma catégorie d'âge. Chaque détail compte ! Je suis aussi à 4 minutes de Jeanne Collonge qui remporte cette course. Avec un temps de 2h19 et autour de la 100ème place au général. Un temps de 41' au 10km, 2eme temps vélo à 1'30 de la vainqueur...Vraiment satisfaite de ma préparation !


Je retrouve David et les larmes viennent toutes seules, devant tout ce qui nous tombe dessus cette saison pour à chaque fois, nous empêcher de profiter de tout ce pourquoi tous les jours, nous faisons des efforts et travaillons dur. Il y a bien sûr plus difficile à vivre, nous sommes toujours là et pouvons profiter malgré tout, mais nous sommes un peu fatigués de tous ces aléas.
Nous comptions partir tôt de Nice, finalement, nous aurons dû y rester un peu plus, mais avec de bonnes anecdotes à rapporter et pas mal de rires malgré tout. En tout cas soulagés au retour dans notre région !

Je conclus sur les traditionnels remerciements, à ceux qui m'ont notamment aidés à me monter un beau vélo de route, Astérion Wheels et Rotor en particulier.
Aux personnes qui m'ont aidé à construire ces beaux résultats cette saison : André Quet, notre précédent coach au tri-lion Belfort, que cela m'a fait super plaisir d'entendre à nouveau (pour de vrai !) sur le bord du parcours ce week-end. 
Et David qui a toujours cru plus que moi à tout ce qu'il était possible de réaliser dans ce domaine sportif, et qui m'a toujours encourager à me donner les moyens d'y arriver. Et qui, plus particulièrement pour cette fin de saison, a vraiment pris sur lui-même pour me permettre de m'entraîner et participer à ces courses. De moi-même, je ne l'aurais pas fait, par soutien pour lui dans nos projets. 

Médaille d'argent chez les 30-35 ans


Contrairement à Gérardmer, où j'avais eu beaucoup de mal à récupérer durant une semaine, cette fois, j'ai récupéré vite et bien !
Tant mieux pour ma participation ce week-end à l'Extreme-sur-Loue, à la maison, en Franche-comté. Cela sera le support des championnats de France VTT XC Marathon. Même si ma préparation VTT n'était pas énorme les derniers temps, la forme semble bien là et au moins, j'ai beaucoup de jus pour le VTT ! Je  suis en tout cas heureuse de terminer cette saison sur le VTT...dans un cadre nature ! 

mercredi 10 septembre 2014

Retour à Gérardmer

Je reprends enfin le fil de ce blog, après l'avoir laissé au repos cet été. Trêve pour le blog, trêve pour moi-même, qui était prévue cet été, pour reprendre de plus belle en Septembre.
Elle a eu néanmoins lieu plus tôt que prévu. J'avais en effet prévu de participer au XTerra Italy, que j'ai dû annuler quelques jours avant.
La fatigue se faisait déjà ressentir au XTerra France après un mois de Juin pas des plus évidents, un de nos parents ayant été hospitalisé et les nouvelles n'étant pas toujours réjouissantes.



Le coup de grâce est finalement arrivé fin Juillet, suite à l'agression et l'accident dont j'ai été victime sur mon trajet de retour du travail, sur l'autoroute.Un fait divers hors du commun, qui aurait pu être dramatique pour moi, pour les autres conducteurs autour de nous et pour mon agresseur, qui a sans doute eu le plus peur dans l'histoire...du moins, je l'espère.
Dans de tels moments, on se sent piégé, seul au monde, hors de la réalité. Tout se passe très vite, mais au fond, on a peur que cela ne s'arrête pas, ou mal. Alors lorsque tout s'est terminé, moi indemne, mon agresseur prenant la fuite, j'ai eu comme le sentiment de revenir à la vie. Il y a eu un avant, un après.
Je remercie toutes les personnes qui m'ont accompagnées ensuite, par de petites attentions, par leur présence. Ceux qui sont toujours là, ceux que je n'aurais même pas imaginé prendre un peu de temps pour m'encourager. Cela m'a vraiment permis de reprendre rapidement confiance.
Je remercie toutes les personnes qui m'auront écoutée et soutenue parmi celles qui m'ont secourues. Et tout particulièrement les gendarmes du peloton autoroutier de Bessoncourt, qui grâce à leur travail et leur écoute, leur encouragement à continuer ma vie comme avant, m'ont permis de me sentir libérée d'un poids.

Le sport a été le meilleur remède pour chasser les douleurs, la fatigue, les angoisses et reprendre le cours de ma vie. Lorsque ça n'allait pas, David me disait de prendre mon vélo, et nous partions à l'aventure faire des cols des Vosges. Au fil des kilomètres, les nuages gris au-dessus de ma tête s'estompaient, la satisfaction d'avoir réussi un grand périple ou monter des cols donne des ailes et efface tout.


J'ai eu à tout ré-apprivoiser, y compris ce que j'appréciais faire, nager, rouler, courir...et concourrir. J'ai repris lors du triathlon de Vesoul, en étant bien dans le coup pour une reprise. Cela m'a redonné envie de bien me préparer pour la fin de saison, où j'avais prévu de faire le DO de Gérardmer, ainsi que le championnat de France de triathlon distance M à Nice.

J'attendais Gérardmer avec impatience, car l’événement est un des plus beau triathlon en France, en terme d'organisation, d'ambiance, d'environnement. Le parcours de vélo semblait bien me convenir, avec de belles bosses (900m de D+ environ pour 38km). Et niveau forme, avec la fraîcheur et la bonne préparation des toutes dernières semaines, je me disais que ça devrait aller. L'envie était bien là en tout cas !

Nous sommes arrivé samedi, pour encourager les participants sur le triathlon XL que nous avions fait l'an passé...et qui m'avait vraiment usée ! En voyant tout le monde courir, cela m'a donné envie de le refaire. C'est vraiment un bel accomplissement, et j'ai eu beaucoup d'admiration pour tous les participants que j'ai pu voir, notamment ceux qui étaient vraiment dans le dur. Je pense qu'on peut vraiment être fier de se lancer de tels défis, et tenir jusqu'au bout. Ca sort de l'ordinaire, et c'est forcément encourageant pour se donner d'autres objectifs, même non sportifs, et se donner les moyens d'y arriver.Ce n'est pas se battre contre les autres, c'est se surpasser avant tout.



Question dépassement de soi, je savais pour ma part ce que je devais faire : serrer les dents en course à pied, et ne rien lâcher, mon gros point faible souvent sur les dernières courses.

La natation aura été sans doute une des pires pour moi jusqu'à maintenant. J'aurai subi beaucoup de coups, me serai fait enfermée, me serai mal orientée, et même coulée à un moment ! La première bouée m'a paru vraiment loin, et une fois passée, j'ai dû me reposer quelques instants pour reprendre mes esprits, vraiment épuisée par cette première partie difficile. Petit à petit, j'ai repris le contrôle, en prenant mon orientation, en nageant par moment plus seule, et dans ces conditions tout a été beaucoup mieux. Il me manque encore pas mal de préparation pour cette épreuve je pense. En 24'18, j'ai limité les dégâts, mais c'était loin en dessous de mon objectif de passer sous les 23'. J'ai dû sortir de l'eau 13-14ème dame.

A vélo, la première montée de la Rayée - arrivée du tour de France à Gérardmer cette année - a été corsée...de là à se dire que la course va être vraiment dure ! On m'avait dit que la descente ensuite était très technique et piégeuse, je confirme : sans reconnaître le parcours, j'ai eu deux petites frayeurs ! Ma copine allemande Becci me rattrape alors, on arrive à rester ensemble un petit bout de temps, elle plus rapide que moi en descente, moi un peu mieux en montée.
La deuxième grimpée de la Rayée se fait beaucoup plus facilement pour moi, les encouragements du public maintenant bien amassé à cet endroit aidant fortement. Tout en continuant à bien m'alimenter régulièrement, je donne un peu plus de rythme et gagne du temps en descente. Tout au long du parcours, je n'aurais cessé de remonter, me retrouvant alors 6ème dame, avec la 5ème, à la sortie du parc après avoir posé le vélo.

Photo F. Georgel

C'est une fois le vélo posée que la vraie course reprends pour moi : en mode poursuite, mes concurrentes à ce niveau étant toujours plus forte que moi en course à pied. Les sensations sont bonnes et je prends vite un bon rythme, mais c'est le cerveau qu'il faut que je débranche : comme d'habitude, j'imagine la distance, le fait que je suis poursuivie, et je dois me resaisir : je me concentre sur une musique, sur le credo "c'est le mental qui flanche en premier !", et ça repart. Au bout de 2,5km, demi-tour, j'aperçois mes poursuivantes : très proches, elles sont 3 ! Je me reconcentre, mais après la première descente, j'ai la respiration qui commence à se faire difficile, la gorge de plus en plus serrée. Je sais ce que c'est, je tente de faire abstraction et attend le ravito suivant pour boire et mieux repartir. A ce moment-là, les endorphines commencent à faire effet, et je prends un bon rythme régulier. Seule une fille (que je n'avais pas vu avant) me rattrape. J'aperçois toujours  les premières un kilomètre devant, c'est vraiment magique de se dire qu'elles sont si proches ! Demi-tour pour les derniers 2,5km, toujours dans le top 7, là, il faut serrer les dents et tout donner, sans jamais se retourner. Ça tient et je passe donc la ligne d'arrivée à cette place, vraiment très satisfaite, mais épuisée : 7ème dame, 2ème française.



Je retrouve David, que j'avais vu m'encourager en course à pied après avoir abandonné au début de la course à pied. je pensais que c'était du fait de la fatigue, mais non. Il s'est cassé le petit orteil juste avant la course, en se rendant au départ de la natation (un vilain plot de béton qui tenait les barrières de l'allée): marcher pied nu n'est décidément pas pour lui !
Au moins, je lui aurais donné la satisfaction de tenir jusqu'au bout parmi les 50 premiers concurrents sur cette course (42ème au final), ça console un peu !

Voilà de quoi encore un peu plus tourner la page pour moi après cette pause estivale, et de bien marquer le coup : je ne voulais surtout pas rester "la victime", je ne souhaitais surtout pas que cela change ma vie ou m'affecte durablement. En revenant à mon meilleur niveau, voir même un peu plus forte de toutes ces expériences des derniers mois, je voulais marquer le coup pour moi, mais aussi montrer que cela ne m'avait pas affaiblie.

Prochain objectif : le championnat de France de triathlon à Nice, fin Septembre !
Je terminerais ensuite à les championnats de France VTT XC marathon à Ornans.
Puis ça sera une longue période de travaux et déménagement cet automne ! Un autre beau projet, on a hâte aussi !


mercredi 9 juillet 2014

XTerra France : plus fort que moi !

Pour tout triathlète XTerra, la manche française est à cocher au calendrier, tellement l’événement est à la hauteur de toute la communication faite autour : site parfait, organisation rôdée, inscriptions remplies en quelques semaines 8 mois avant l’événement,  VTT dur et ludique, parcours et paysages somptueux... sur le papier, tout semble idyllique, mais la difficulté du parcours marque les organismes et les esprits !

Voilà ma troisième participation, après 2012 où je venais découvrir le XTerra après un petit mois d'entrainement natation / trail, 2013 où je signais une belle 5ème place en ayant bien souffert en course à pied, au point de terminer blanche comme un cachet d'aspirine !
Je savais donc à quoi m'en tenir pour cette année, comment me préparer au mieux pour cet objectif cette saison, pour surtout éviter les erreurs du passé.

Après le mois de mai fructueux, j'ai donc prévu de moins faire de course en Juin, me reposer et me préparer tranquillement chez moi, dans les Vosges (du sud !).

J'ai tout de même participé au triathlon de Chalain, pour profiter du cadre exceptionnel et travailler encore un peu ma natation en lac en course. Là-dessus, j'ai été satisfaite, avec un temps de 23'18 au 1500m (mon objectif cette année étant 23'). S'en est suivi un bon vélo, où j'ai réussi à terminer avec la 2ème, récente vice-championne de France de duathlon. La course à pied a été nettement moins glorieuse, avec un gros manque de motivation, et surtout l'envie de ne pas trop griller de cartouches en vue de Juillet.
J'ai aussi participé aux championnats régionaux de VTT, afin de ne pas perdre le rythme. Là aussi, une bonne moitié de course, et une autre moitié plus tranquille.
D'une façon générale, j'aurais gardé une bonne forme physique, que j'ai régulièrement contrôlé grâce aux tests de variabilité cardiaque, effectués le matin. Côté mental et nerveux, cela a été moins facile, avec pas mal de préoccupations en dehors du sport.

J'ai pu tout de même effectué de bons entraînements, surtout axés autour du trail (pas mal de travail en bosse), enchaînements VTT/Trail, natation...bref, mes points faibles. De bonnes sessions dans les Vosges du sud où j'habite, un terrain de jeu que j'aime de plus en plus au fil des années.

Début Juillet, malgré un petit reste de fatigue lié à tous les à-côté du sport, j'abordais le XTerra en étant plutôt satisfaite de mes sensations dans les trois disciplines. Niveau résultat, pas de pression, juste de la concentration sur ma préparation. Le niveau était très relevé, je savais qu'un top 5 serait vraiment un très beau résultat ce jour-là, avec les têtes d'affiche et outsiders : Kathrin Müller, Renata Bucher, Carina Wasle, Widney Chantell (3ème des mondiaux l'an passé), Jacqui Slack, Maud Golsteyn... Il ne manquait que Helena Erbenova pour compléter ce super casting.



La natation s'est plutôt bien déroulée, malgré quelques coups, quelques tasses, un blocage en milieu de course... J'ai terminé avec un bon groupe et sors plus de 2 minutes mieux que l'an passé, une grande satisfaction avec mes 2 entraînement par semaine, en 23'40.
Tout de même 11ème fille, mais cette fois-ci, les filles n'étaient pas loin !



Sur les conseils de Nicolas Lebrun, je me réserve au premier tour de VTT. Je laisse donc partir Sandra Koblmüller dans la première ascension, pour revenir sur relance dès la montée terminée. Petit à petit, je reviens aussi sur Maud Golsteyn. Mon objectif est de passer en tête avec un peu d'avance pour la longue descente du bout de circuit. En passant sur le vélo une montée caillouteuse et technique, je prends l'avantage et décide d'accélérer un peu sur la suite du parcours, avant les sections plus rapides.
J'aborde la dernière descente longue de 3 kilomètres avec beaucoup de concentration pour mettre un maximum de vitesse, ce qui me permet de revenir sur Jacqui Slack, puis Widney Chantell. Me voilà 4ème. 



Les sensations sont toujours bonnes, je me dis que maintenant, je peux imprimer un peu plus de rythme. Tout va bien, trop bien je me dis... Petit à petit, je me sens moins lucide, et je perds du rythme : hypoglycémie en vue ! Pour moi, cela a l'air d'une hypoglycémie réactionnelle, le genre dont je n'ai pas l'habitude. D'un coup, j'ai soif, mal au ventre...signe d'estomac vide et grand désordre. Je reprend un gel et attend avec impatience le ravitaillement suivant, pour remanger, mais je sais qu'il va être difficile de revenir dans ces conditions.
A la fin du VTT, je me retrouve avec des crampes aux quadriceps, voilà encore une chose dont je n'ai pas l'habitude ! 


J'aborde la course à pied un peu inquiète, coca, coca, coca pour repartir. Grâce à l'entrainement, le rythme va tout de même, mais mon ventre gargouille, et je commence à vomir...rien du tout ! Trop souvent vécue cette mauvaise expérience les dernières années, je sais donc que ça ne reviendra pas. J'alterne donc marche, course à pied, ravitaillement, et fini mes deux tours à ce rythme, forcément très déçue. Avec encore une place perdue à 200m de l'arrivée, je termine donc 9ème.



Heureusement, le XTerra ne s'arrête pas à cette performance. J'aurais eu vraiment la joie d'être encouragée par les concurrents et concurrents qui m'auront croisées. Cela m'aura aussi fait plaisir de voir mon amie allemande Becci se battre au top niveau sur cette course : si on a le même niveau, j'apprend beaucoup d'elle et de sa façon de se préparer, son gros mental... Je sais aussi qu'elle n'a pas un rythme de vie toujours facile. J'ai vraiment souri quand elle m'a doublée en me disant avec son accent allemand, en pointant la concurrente devant : "ma copine !!!" :)))
Très contente aussi pour Kathrin Müller et sa 3ème victoire cette année. Une triathlète avec un grand sourire imprimé sur le visage, beaucoup d'optimisme et d'ouverture aux autres. Bien marquée après sa victoire, preuve que ce XTerra laisse vraiment des traces...

Nous avons maintenant pris l'habitude de nous retrouver tous avant/après course autour d'une tablée internationale. Un vrai esprit de famille entre la plupart des triathlètes, c'est  un aspect que j'apprécie  vraiment, au moins autant que la course !
Après course, ça n'est pas rare de recevoir et s'envoyer des messages entre nous, il est loin le "mauvais esprit" qu'on reproche parfois aux compétitrices entre elles :)

Tablée germano-franco-écossaise-américaine, avec Kathrin Müller, Will Kelsay et Jennifer, Nienke Ostra, "Becci"Kaltenmeier et "Matze", et les froggies!


La déception sur cette course m'a forcément fait me poser de nouvelles questions, afin d'éviter d'en arriver à là à nouveau, même si j'ai tout de même du mal à vraiment mettre le doigt ce qui n'allait pas ce jour-là. Peut-être aurait-il juste fallu que je mange plus de solide, et ma propre nourriture dont j'ai vraiment l'habitude...pas un gel reçu sur une des dernières courses, et que je n'avais jamais testé, par exemple... Peut-être aussi mieux m'hydrater les jours avants, même si je prends bien soin de cela d'habitude. 
Cette course est tout de même très dure, ce que l'on peut constater sur le parcours, à l'arrivée. Il me manquait sans doute un peu de volume pour pouvoir être au top jusqu'au bout, même si j'ai fait attention à ne pas m'enflammer à VTT (d'accord...jusqu'aux descentes !).

Quoiqu'il en soit, si je n'abandonne pas, je ne reste jamais non plus sur un échec. Après course, je me suis dit que je ne peux pas m'arrêter à cette saison (il ne me reste qu'un Xterra fin Juillet en Italie). Je commence petit à petit à me sentir prête pour repartir pour une nouvelle saison en 2015.

En attendant, je regarde en avant pour récupérer et me reconcentrer pour le XTerra Italie prévu le 26 Juillet : lac de montagne et belles grimpettes au programme, dans un cadre magnifique : http://xterra-italy.com/

Un dernier mot pour remercier nos amis Manu et Camille pour leur venue surprise... c'était génial de pouvoir partager ça avec des personnes optimistes et ouvertes d'esprit comme vous ! Merci Man's pour les photos :)

Et un grand bravo à l'organisation du triathlon de Gerardmer / XTerra France. Plus pro que des pros, avec chaque année de nouvelles ambitions, et une énergie chez tous ces bénévoles pour faire encore mieux que dans leurs rêves les plus fous, comme en témoigne le north shore éphémère construit au milieu du site de l'évènement.

Bravo aussi à David, "le coach" (comme dirait mes collègues...), pour sa participation au découverte et sa 9ème place, malgré une grosse fatigue cette année qui l'empêche de pouvoir s'entraîner correctement. Beaucoup de choses à gérer, prévues, imprévues...merci à lui de m'encourager à continuer et m'aider à y arriver ! :)